DESÉOA EL MOQUE ANRIALTOICHRONIQUES CSS DESIPLANSIDIABOLIQUES!

EDITORIAL

Bonjour les ami(e)s!

Voici donc le premier numéro d'un fanzine qui est d'une envie simple. Toucher du papier, le feuilleter, le sentir, est une sensation irremplaçable, alors pourquoi ne pas tenter l'aventure? Ce serait l'occasion de partager quelques bons moments, d'explorer différents genres, parfois oubliés ou un peu snobés, comme la série de krimis qui va nous intéresser ici. Initiée en 1959, cette franchise eut pourtant un succès assez fou en Allemagne, durant presque 15 ans, mais elle ne connut jamais de sortie dvd dans nos contrées. Attendons donc (ou rêvons?) que ces sympathiques films éveillent à nouveau la curiosité d'un éditeur courageux et replongeons quelques instants dans cet univers si particulier. Un univers foisonnant, se croisent abbés fous et tueur masqués, cambrioleurs à tête de grenouille et jolies créatures, inspecteurs frimeurs et sbires monolithiques! À travers de petites chroniques, j'avais envie de partager, faire découvrir ou redécouvrir les innombrables douceurs que cachent les écrits d'Edgar Wallace. Un conseil d'ailleurs, n'hésitez pas à mettre en fond sonore quelques morceaux bien sentis du compositeur fétiche de la série, le grand Peter Thomas. Immersion garantie!

Ash

Maelstrom N°1 / Avril 2013 Contact: monsieur.keaton@gmail.com

OOMMAIRE

Quelques mots sur Edgar Wallace

Fe Fe Fa

La Rialto: pour une poignée de krimis

ds 2.2

De 1959 à 1963

Far Ep Fame

Karin Dor, reine du krimi

De 1964 à 1967

Joachim Fuchsberger, le chevalier blanc

Ep ae

De 1968 à 1972

Quelques

sur Edgar

mots kallace

Edgar Wallace est le 1er avril 1875 à Greenwich, en Angleterre. Enfant illégitime, fruit de l'union de deux comédiens, il est confié quelques jours après sa naissance à une modeste famille de commerçants. Après de courtes études, le futur écrivain enchaîne plusieurs boulots jusqu'à sa majorité, puis décide finalement d'entrer dans l'armée. Cela lui permet entre autres de découvrir l'Afrique. Le continent lui inspire récits et poèmes, qui paraîtront dans différents journaux. Durant cette période, il assiste également à deux événements majeurs, en qualité de correspondant de guerre: en 1899, lors de la seconde Guerre des Boers, puis en 1914. En parallèle, une grande partie de son temps est évidemment consacrée à l'écriture, de pièces, de romans, de chansons, mais le succès tarde à venir.

Ce sont finalement les années vingt et trente qui verront la popularité de Wallace décoller. Les premières adaptations Edgar Wallace sont d'ailleurs réalisées de son vivant, avec plusieurs films muets (The Man Who Bought London en 1916 sera le premier). Décédant d'une pneumonie le 10 février 1932 à Hollywood, il aura tout de même été au crépuscule de sa vie le contributeur d'un film mythique. Parti pour les Etats-Unis pour un contrat signé avec la RKO, il signe plusieurs scénarios, dont la première ébauche de King Kong, d'après

une idée de Merian C. Cooper. Il meurt malheureusement juste avant le tournage et ne peut finaliser son histoire. Des modifications sont effectuées par d'autres

scénaristes, mais de beaux restes subsistent, des grandes lignes de l'intrigue aux personnages en passant par le nom de Kong (qui était le premier titre imaginé par l'auteur).

Difficile aujourd'hui de déterminer avec précision l'héritage laissé par l'écrivain. Les chiffres variant d'une source à une autre, il est presque impossible de dresser la liste exacte des oeuvres que l'on doit à Wallace, mais on compte plusieurs centaines de nouvelles, des pièces de théâtre et quelques 170 ouvrages (il réalise aussi deux films en 1929 et 1930, respectivement Red

Aces et The Squeaker). On ne compte plus non plus les oeuvres qui s'inspirèrent de ses écrits, , mais ils connurent pour la plupart de jolis succès, en grande partie grâce à la mise en avant du nom de l'auteur. "D'après une histoire d'Edgar Wallace" était alors une accroche particulièrement vendeuse et fédératrice, et attirait tous les types de public.

3:70

La Riallo: Pour

une

poignée de krimis

Abréviation de Kriminalfilm, le krimi qualifie originellement les films s'inspirant des romans d'Edgar Wallace. Mélanges de polar, d'humour, d'horreur et parfois d'érotisme gentillet, ces adaptations comptent encore à ce jour parmi les films les plus populaires du cinéma de genre allemand. Quand, en 1959, la société de production Rialto Film prépare un long- métrage basé sur le roman Der Frosch mit der Maske, elle ne se doutait pas du phénomène incroyable qu'elle était en train de créer. Karin Dor, actrice phare de la série, est la première à en attester: l'époque, personne ne pensait que ces films connaîtraient un tel engouement. Chacun se disait que ce serait déjà fabuleux que ces films marchent, mais personne ne pouvait s'attendre à ce qu'une telle vague se déclenche, que ce serait un tel succès". Après la guerre de 39-45, les allemands cherchaient des films mettant en avant les bons sentiments et l'émotion. Le Heimatfilm vivait ses grandes heures. Revenir à une proposition de cinéma plus musclée et plus subversive était un pari risqué, même 15 ans après la fin des conflits, mais il fut payant. Le public répond présent en masse et fait de plusieurs titres des succès phénoménaux. Après la folie du film de terroir, c'était donc parti pour presque 15 ans de krimi.

La Rialto est au départ une petite société, fondée en 1897 (!) à Copenhague par Constantin Philipsen. Près d'un demi-siècle plus tard, nous sommes alors en 1950, son fils Preben Philipsen et l'allemand Waldfried Barthel montent la société de distribution Constantin-Film et mettent le pied à l'étrier du marché allemand. Avec la sortie du premier film de la série, Philipsen acquiert l'exclusivité pour l'adaptation d'autres ouvrages de l'écrivain et crée la branche allemande de la Rialto qui sera située à Hambourg, puis Berlin. Des villes

qui deviendront par la même occasion les principaux lieux de tournage des films à venir. Réalisés avant la création de cette branche teutonne, les deux premières adaptations de la série furent tournées en majeure partie au Danemark.

Aujourd'hui le nom le plus célèbre de la Rialto allemande reste celui du producteur Horst Wendlandt, qui dirigea la société à partir de 1961. Une solide équipe d'artisans fidèles (acteurs, chef-op, compositeurs etc) se construisit autour de lui et assura aux raz de marée krimiesque une longévité inédite. L'occasion aussi de voir quelques acteurs locaux se construire un chemin doré vers une carrière internationale, Klaus Kinski en tête. La Rialto produisit 32 films de 1959 à 1972 et dut faire face à une concurrence de plus en plus féroce, qui ne reculait devant rien pour profiter de ce succès fracassant. Les imitations pullulèrent et Arthur Brauner, patron des films CCC, le grand concurrent de la Rialto, alla même jusqu'à produire des adaptations de Bryan Edgar Wallace, le fils de l'écrivain. Il est amusant de les voir jouer sur son nom pour duper le public, en inscrivant par exemple sur les affiches “un film B. EDGAR WALLACE"!.

Détail insolite, après avoir déplacé la Rialto à Berlin, Wendlandt eut du mal à trouver des lieux de tournage et dut finalement s'installer dans les studios d'Artur Brauner! Les lieux de tournages extérieurs, eux, étaient toujours censés représenter Londres et sa périphérie, mais il s'agit bien évidemment d'un artifice. Aidés de nombreuses images d'archives, les équipes se creusaient la tête pour donner aux décors et aux rues de Coppenhague, de Hambourg ou de Berlin l'atmosphère british nécessaire. À ce titre, l'équipe trouva son bonheur en 1962, en plein

milieu de la capitale allemande, sur l'île aux Paons. Abritant plusieurs anciennes bâtisses construites entre autres par Frédéric-Guillaume Il de Prusse à la fin du 18ème siècle, cette île, transformée en jardin à l'anglaise, s'avéra être le lieu idéal pour les tournages de la Rialto.

Der FROSCH mit dr MASKE

L'histoire:

DER FROSCH MIT DER MASKE

(La grenouille attaque Scotland Yard) Danemark / R.F,A, - 1959 Réalisateur: Harald Reinl

Durée: 89 minutes Photographie: Ernst W. Kalinke Avec: Joachim Fuchsberger, Elfie von Kalckreuth, Jochen Brockmann...

Scotland Yard et un détective amateur sont à la poursuite de la Grenouille, un cambrioleur aux méthodes musclées. L'enquête les amènent rapidement aux portes d'un étrange manoir et dans les coulisses d'un cabaret de charme.

Der Frosh mit der Maske a beau être le premier film de la série, tous les ingrédients sont déjà là. Sitôt le pré-générique commencé, le spectateur se retrouve au coeur d'un château, l'atmosphère y est lugubre, il fait nuit, tout semble calme et pourtant, dans la pièce renfermant le coffre familial, un mystérieux criminel s'active. La grenouille du titre c'est lui, un roi de la cambriole affublé d'un inénarrable masque. Les bases sont ainsi posées: décors souvent peu accueillants, voire carrément envahis par le brouillard, gang aux méthodes musclées, personnage masqué dont l'identité ne nous est révélée que lors de l'acte final, forces de police dépassées et bien sûr le héros qui parvient à démêler les noeuds de l'affaire. Le mot "démêler" n'est à ce titre pas exagéré, car s'il y a bien une chose que les réalisateurs des films Edgar Wallace prenaient un malin plaisir à faire, c'était bien de brouiller les pistes constamment, partant d'une intrigue assez simple pour arriver à un résultat tortueux au possible, car il fallait absolument que la résolution soit une surprise. Dans La grenouille attaque Scotland Yard, Harald

Rein! multiplie les personnages douteux semblant tous avoir une double vie, nous emmène sur des fausses pistes et flirte même avec le fantastique (après tout, ce méchant est-il vraiment humain?) pour parvenir à ses fins.

Ne perdant jamais de vue son intrigue, le réalisateur fait de cette adaptation un premier essai fort agréable. La mise en scène est encore timide, trop académique, trop statique, mais la bonne gestion du suspense et un quota fort satisfaisant de péripéties assurent au film un rythme qui ne faiblit qu'à de rares moments. Reinl se permet même quelque petits sursauts de violence en ponctuant les affrontements de quelques fusillades sanglantes et d'une

courte scène de torture. Le résultat à l'écran fait plutôt mal pour l'époque, d'autant que le hors-champ est presque banni. Pour ne rien gâcher, le réalisateur a su réunir quelques acteurs talentueux, parfaitement à l'aise dans cet exercice qui implique de camper des personnages ambigus et surtout très visuels, histoire d'accentuer encore plus le côté "tout le monde peut être coupable". Fritz Rasp par exemple, ancienne légende du cinéma allemand qu'on peut notamment voir dans le Métropolis de Fritz Lang, est parfait dans son rôle de patron aux allures de cadavre ambulant. Même constat pour Carl Lange, en vieux paternel rigide au possible, qui ne se sépare jamais d'une mallette au contenu mystérieux. Le héros quant à lui est interprêté par Joachim Fuchsberger, un acteur au charme old school qui sera par la suite presque abonné aux rôles de détectives ou d'inspecteurs. Ce dernier aura entre autres joies dans Der Frosch mit der Maske de donner la réplique à la jolie Eva Anthes, qui prête ses traits à l'héroïne.

JOACHIM FUCHSBERGER SIEGFRIED LOWITZ

ROTE KREIS$

L'histoire:

DER ROTE KREIS (Scotland Yard contre cercle rouge)

Danemark / R.F.A. - 1960 Réalisateur: Jürgen Roland

Durée: 92 minutes Photographie: Heinz Pehlke Avec: Renate Ewert, Klausjürgen Wussow, Karl-Georg Saebisch.….

Des meurtres signés d'un cercle rouge sont commis dans une petite bourgade, Scotland Yard envoie deux inspecteurs sur les lieux pour mettre fin aux agissements du tueur.

Si Der rote Kreis trouve son public au moment de sa sortie, difficile avec du recul de ne pas être déçu par cette deuxième adaptation Edgar Wallace. Mis sur les rails trop rapidement (il sort en salle six mois après le film d'Harald Reinll) et avec aux commandes un réalisateur inexpérimenté signant son premier long, le projet se tirait dès le départ une balle dans le pied.

Qu'on soit clair, le résultat n'est pas catastrophique, Jürgen Roland reprend plus ou moins la recette de son prédécesseur et dispose d'une partie du casting déjà chargé d'animer Der Frosch mit der Maske. On retrouve notamment Fritz Rasp ou Eddi Arent, on découvre aussi de nouveaux visages, comme Klausjürgen Wussow dans le rôle principal et tout ce beau monde s'affaire à livrer le meilleur spectacle possible. Les bases sont donc solides, Der Rote Kreis aurait pu être un excellent divertissement entre les mains d'un artisan confirmé. Hélas, la volonté évidente du réalisateur de ne prendre aucun risque parasite tout. Plutôt que d'injecter un peu de lui-même dans son film, Roland cherche

avant tout à reproduire une formule qui marche, Reinl tentait des choses, donnait naissance à un genre. Placer sa confiance dans un metteur en scène ayant encore tout à prouver était plutôt couillu, on aurait juste aimé que ce dernier le soit également. Pour ne rien arranger, l'intrigue bourrée de flashbacks et de personnages secondaires à l'intérêt variable lui font rapidement perdre pied, si bien que ce qui était limpide sur le papier devient brouillon au possible à l'écran. C'est dommage parce que le postulat de départ est loin d'être

Inintéressant. Comme pour la grenouille, l'élément le plus intrigant du scénario reste l'organisation criminelle. La bande du cercle rouge fait chanter les aristocrates ayant un lien avec le passé de son leader, un homme rongé par la vengance, et descend les plus réticents. La promesse d'un face-à-face musclé avec Scotland Yard? Oui et non, car encore une fois le manque de personnalité du film l'empêche de décoller.

Histoire de terminer sur une note positive, sachez que notre patience est tout de même récompensée par une révélation finale inattendue. Pour ne pas griller l'identité du criminel, celui-ci a même été doublé par un autre acteur en postprod, histoire qu'on ne reconnaisse pas sa voix lors de ses furtives apparitions. Comme si toute l'attention de Jürgen Roland s'était portée sur les cinq dernières minutes. L'autre bonne surprise vient de la présence de l'actrice Renate Ewert dans un des rôles principaux. Offrant un peu plus de relief à la traditionnelle héroïne en détresse, la jeune femme ferait presque oublier les défauts du film lorsqu'elle apparaît à l'écran. Malheureusement ceci sera sa première et dernière participation à un film Edgar Wallace, Renate Ewert s'ôtant la vie en 1966.

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Der FROSC t der MAS A

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ZE GANDE DES DJÉHRECKENS

L'histoire:

DIE BANDE DES SCHRECKENS (Scotland Yard contre le masque)

R.F.A. - 1960 Réalisateur: Harald Reinl

Durée: 92 minutes Photographie: Albert Benitz Avec: Joachim Fuchsberger,

Karin Dor, Fritz Rasp….

Sur le point d'être pendu, un condamné à mort annonce aux responsables de son sort que leurs jours sont désormais comptés, Peu après son exécution, plusieurs personnes trouvent la mort dans d'étranges circonstances, Les inspecteurs de Scotland Yard ont-ils affaire à un spectre revanchard?

Avec Die Bande des Schreckens, Harald Reinl va plus que jamais faire preuve de son goût pour le mélange des genres, en saupoudrant son scénario d'un soupçon de surnaturel. Faisant revenir d'entre les morts un criminel fraîchement exécuté et bien décidé à se venger des personnes qu'il juge responsables de son sort (le juge, le bourreau...), Rein! va même prendre un malin plaisir à jouer avec le spectateur et les nerfs de son personnage principal, l'inspecteur Long. Avons-nous affaire à une réelle menace d'outre-tombe ou n'est-ce qu'une mise en scène? Le réalisateur se garde bien de répondre à cette question dans un premier temps, il va plutôt laisser planer un savoureux doute et faire des vingt premières minutes du film un pur tour de train fantôme. Quatre morts très visuelles s'y suivent en effet à un rythme infernal, avec toujours une furtive apparition du spectre. Bénéficiant ainsi d'une ambiance du tonnerre et de rebondissements en pagaille, Die Bande des Schreckens a tout du divertissement en or. Son final très convenu vient malheureusement un peu noircir le

tableau, en proposant une résolution sans ampleur et un coupable aux motivations trop faiblardes pour susciter un quelconque intérêt. Comme si le soufflé, préparé avec amour, retombait au dernier moment. Un krimi très sympathique quand même, dans lequel Joachim Fuchsberger a une nouvelle fois la possibilité d'enfiler l'uniforme du parfait détective. Eddi Arent est lui aussi de la partie, avec un rôle à haute teneur humoristique, comme il en interprétera beaucoup. Le maladroit, le rigolo, le gaffeur, c'était souvent lui et ce film ne fait pas exception à la règle. Il incarne ici un photographe chargé d'immortaliser les

scènes de crimes, ce qui ne poserait a priori aucun problème s'il ne s'évanouissait pas immanquablement devant la moindre goutte de sang!

Le casting s'étoffe également d'un nouveau visage en passe de devenir une des figures emblématiques du genre, puisque la sublime Karin Dor apparaît pour la première fois dans la série. L'actrice met son talent et son charme au service du film, le tout sous l'oeil enamouré d'Harald Reinl, son mari de l'époque. Mine de rien, si ce Scotland Yard contre le masque laisse un si bon souvenir, c'est sans doute aussi un peu grâce à l'alchimie indéniable des deux tourtereaux, le réalisateur ne perdant aucune occasion de sublimer sa moitié.

DER

GRÜNE BOGENSCHÜTZE

L'histoire:

DER GRÜNE BOGENSCHÜTZE

R.F.A. - 1961 Réalisateur: Jürgen Roland Durée: 95 minutes

Photographie: Heinz Hôlscher Avec: Klausjürgen Wussow, Karin Dor,

Eddi Arent.….,

Un riche américain achète un château près de Londres. Une légende raconte qu'un archer vert hanterait les lieux, terrorisant les propriétaires successifs,

Prenez garde, l'archer vert arrive! Ce meurtrier semant la mort dans le roman éponyme d'Edgar Wallace débarque sur les écrans en 1961 sous la direction de Jürgen Roland. Après un premier essai en demi- teinte, le réalisateur va-t-il réussir à surprendre le public? Faire de l'archer une des grandes figures du genre? Deux autres metteurs en scène ont déjà tenté d'adapter avec plus ou moins de succès The Green Archer, Spencer Gordon Bennet en 1925 et James W. Horne en 1940. || faut dire que cette aventure fait partie des grandes réussites de l'auteur et réunit tous les ingrédients qui ont fait son succès: un personnage secret qui se déplace dans les recoins sombres d'un vieux manoir, des personnages bourrés de zones d'ombres et une ambiance gothique du plus bel effet. Bref, le matériau de base ne manque pas d'atouts.

Malheureusement, Jürgen Roland n'a tiré aucune leçon de sa précédente expérience et réalise Der Grüne Bogenschütze avec le même manque de personnalité. Pire, l'archer fait de la figuration et ne doit pas

avoir plus de cinq minutes de présence à l'écran, Roland préférant s'attarder sur des personnages secondaires qui sont tous bien définis (les méchants sont très méchants, les gentils très gentils), alors que LA figure mystérieuse du scénario est presque délaissée. L'archer vert voir rouge. Autre problème, l'humour typique de la série est cette fois-ci beaucoup trop envahissant et finit par prendre le pas sur l'enquête. Pointant le bout de leur nez lorsque le réalisateur ne sait plus quoi faire de ses personnages ou comment faire avancer l'intrigue, ces gags deviennent rapidement

irritants. Et je ne parle même pas des petits coups de coude douteux au public, lorsque certains protagonistes décident de briser le quatrième mur. Situation: un personnage entend une explosion et déclare en fixant la caméra "ce n'est rien, ils tournent la prochaine adaptation d'Edgar Wallace juste à côté". Au final, tout n'est qu'une simple question d'équilibre, un équilibre que Roland ne parvient jamais à respecter.

On se console au moins avec un casting intéressant. Klausjürgen Wussow, déjà vu dans Der rote Kreis, a de nouveau droit au rôle principal, celui d'un inspecteur amateur de déguisements. Eddi Arent de son côté s'attirera difficilement les faveurs du public. Ses pitreries passent bien dans un bon film, quand le réalisateur à la barre les utilisent avec parcimonie, mais ici il est à la limite du supportable. Les amateurs de Bonderies en tous genres reconnaîtront de leur côté Gert Frôbe, futur Auric Goldfinger, dans le rôle d'un riche américain qui accumule à peu près tous les défauts possibles et imaginables. Comme dans un paquet de ses romans, Wallace tirait alors à boulets rouges sur une bourgeoisie corrompue et bouffée par l'avidité et la bêtise. L'aristocrate se fait un plaisir tout au long du film de tourmenter la pauvre Karin Dor, également présente. Chacun de leur côté, ces deux acteurs portent le projet comme ils le peuvent et évitent au réalisateur de s'enliser totalement.

DER GRÜNE | BOGENSCHÜTZE

DIE TOTEN

AUGEN

VON LONDON

L'histoire:

DIE TOTEN AUGEN VON LONDON (Les mystères de Londres)

R.F.A, - 1961 Réalisateur: Alfred Vohrer

Durée: 104 minutes Photographie: Karl Lôb Avec: Joachim Fuchsberger, Karin Baal,

Dieter Borsche...

Plusieurs hommes pourtant bien portants sont retrouvés sans vie. L'enquête amène Scotland Yard devant les portes d'un refuge pour aveugles, dirigé par un étrange révérend,

La première et peut-être plus grande pépite de la série s'intitule Die Toten Augen von London, ou Les Mystères de Londres chez nous. On doit cette réussite à Alfred Vohrer, un habitué de la Rialto qui signera pas moins de 14 krimis Edgar Wallace. Pour son premier essai, le réalisateur nous propose d'accompagner l'inspecteur Larry Holt dans son enquête sur une succession de morts plutôt étranges. Oui, toutes les victimes correspondent au même profil: des hommes en bonne santé et surtout dotés d'une grosse assurance vie. Jusqu'ici rien de bien nouveau, on retrouve un criminel au plan exantriquo-diabolique à base d'arnaques à l'assurance et qui a la fâcheuse manie de faire chanter tout le monde. Ce qui fait la différence c'est le style inimitable de Vohrer, car l'homme est capable de créer, dans un petit studio de Hambourg et avec des idées de mise en scène qui n'appartiennent qu'à lui, un univers d'une grande richesse. Un monde dans lequel les ruelles londoniennes seraient perpétuellement envahies par un brouillard épais, dans lequel des figures cauchemardesques se tapiraient dans les

recoins les plus sordides, comme ce sbire chauve et monolithique surgissant subitement des entrailles de la ville pour emporter ses victimes dans les ténèbres. Ce colosse effrayant est campé par Ady Berber, un acteur autrichien, pendant européen de Tor Johnson, qui joue plus que jamais de sa stature d'ancien lutteur pour marquer les esprits. On croise aussi un étrange révérend incarné par Dieter Borsche, qui gère un mystérieux établissement pour aveugles. Un jeune acteur fait même ses débuts dans la série, pas n'importe qui puisqu'il s'agit de

Klaus Kinski. Excellant déjà dans la composition de caractères inquiétants, Kinski fait forte impression et compte bien revenir nous hanter dans de futures adaptations. Fidèle au poste, Joachim Fuchsberger prête ses traits au héros, Karin Baal lui tenant compagnie en haut de l'affiche. Si Fuchsberger reste égal à lui- même, la présence de l'actrice est une très agréable découverte. Quel regard!

Vohrer jongle avec une fabuleuse galerie d'acteurs mais il s'applique aussi à scotcher le spectateur, avec plusieurs trouvailles visuelles complètement folles (un plan de l'intérieur d'une bouche en vue subjective) et surtout un excellent travail sur le son. Comme une grande partie des personnages est aveugle, le réalisateur tenait à ce qu'on fasse nous aussi plus attention à l'univers sonore..ou comment se rappeler que de simples bruits de pas peuvent créer un vrai sentiment d'angoisse. Comparé aux films précédents il y a peut-être moins d'action pure, ça ne se bastonne pas, ça ne tire pas dans tous les sens, mais comme on gagne ici en intérêt pour les personnages, leurs péripéties ne perdent aucunement en intensité, au contraire! C'est Harald Reinl qui devait au départ réaliser Die Toten Augen von London. Trop occupé sur Le retour du Dr. Mabuse sortant la même année, il cèda sa place à Alfred Vohrer. Au vu du résultat, on ne peut que se réjouir d'un tel coup du sort. Un petit bijou!

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EDGAR WALLACE

DAS

GEHEIMNIS

GELBEN NARZISSEN

L'histoire:

DAS GEHEIMNIS DER GELBEN NARZISSEN (Le narcisse jaune intrigue Scotland Yard) R.F.A. / Royaume-Uni - 1961 Réalisateur: Akos Râthonyi

Durée: 94 minutes Photographie: Desmond Dickinson Avec: Joachim Fuchsberger, Sabine Sesselmann, Christopher Lee.

Une redoutable organisation criminelle orchestre un important trafic de drogue dans la capitale anglaïse et se débarrasse des indésirables. Plusieurs hommes tentent de les arrêter, dont un mystérieux détective chinois.

La poudre blanche envahit Londres! Ce trafic d'héroïne a pour pilier une bande extrêmement bien organisée qui se sert d'importations de fleurs comme couverture. Et ça, ça ne plait pas beaucoup à nos héros, un responsable des services de sécurité d'une compagnie aérienne, un inspecteur de Scotland Yard et un détective chinois venu enquêter sur la mort de sa fille. Une fine équipe incarnée par Joachim Fuchsberger, Walter Gotell et...Christopher Lee! Ce dernier n'a d'ailleurs pas fait les choses à moitié, il ne s'est pas fait doubler et a tourné dans la langue de Goethe. Beau défi pour un acteur hors-norme, qui joue le rôle de Ling Chu, le personnage le plus intéressant du métrage. On peut voir Ling Chu comme la part sombre des deux autres représentants de la loi. Ses deux confrères agissent dans le respect des règles, mais lui n'hésitera pas à torturer quelqu'un pour obtenir des informations. Un homme ambigu et énigmatique, tout ce dont manque malheureusement le reste du film. Le suspense par exemple en prend un coup dès les premières minutes, puisque le fameux secret des narcisses jaunes,

pourtant mis en avant par le titre, est éventé en moins de temps qu'il ne faut pour le dire. L'identité du coupable est également révélée bien trop rapidement, alors que cet aspect whodunit fait généralement une grande partie du sel d'un krimi. Imposant en plus un rythme en dent de scie, Das geheimnis der gelben narzissen finit par sonner un peu creux.

Même d'un point de vue purement formel, le film paraît insipide et sans réelle identité. les décors sont la plupart du temps vides, froids, tristes. Sachant que le tournage eut lieu à Londres et non dans un studio danois

ou allemand comme c'était le cas jusqu'à présent, il est vraiment regrettable qu'Âkos Räthonyi n'en ait pas profité pour imprégner son film de l'atmosphère locale. L'intrigue pourrait se dérouler n'importe où, le réalisateur ne se sert d'aucune spécificité de la ville. Au moins avons-nous le plaisir de retrouver de nombreuses gueules de cinoche qu'on aime bien, c'est toujours ça de gagné. La présence de Christopher Lee est un plus indéniable, tout comme celle de Klaus Kinski, même si ce dernier reste sous-exploité. Qu'il s'arme de patience, les rôles importants ne seront pas pour tout de suite. Sabine Sesselman enfin, une jolie blonde au charisme certain s'en sort bien malgré un écrin pas forcément à la hauteur de son talent. On aura heureusement l'occasion de revoir la belle dans un autre krimi bien plus prenant: La porte aux sept serrures.

Signalons pour conclure que deux versions de Das Geheimnis der gelben Narzissen furent tournées simultanément, une allemande, l'autre anglaise, avec des acteurs différents pour certains rôles. Joachim Fuchsberger cède notamment sa place à William Lucas, un acteur ayant surtout travaillé pour la télévision. Malheureusement il semble aujourd'hui quasiment impossible de mettre la main sur la version british. Si quelqu'un tombe dessus en tout cas je suis preneur!

DIE TOTEN

AUGEN

VON LONDON

Der Falscher

von London cn

L'histoire:

DER FÂLSCHER VON LONDON

R.F.A. - 1961 Réalisateur: Harald Reinl Durée: 93 minutes

Photographie: Karl Lôb Avec: Karin Dor, Hellmut Lange,

Siegfried Lowitz...

Un faux-monnayeur inonde l'Angleterre de billets contrefaits, Les soupçons se portent sur un homme sur le point de se marier, mais ce dernier prétend souffrir de crises d'amnésie.

Der Fälscher von London commence par une belle journée aux courses hippiques. La jolie Jane est venue y dilapider quelques brouzoufs avec son oncle et son fiancé Peter, millionnaire par héritage. Le tableau serait parfait si un faux-monnayeur n'avait pas décidé de s'immiscer dans leur vie. Car le criminel semble proche de la famille. Pire, Peter pense même être le coupable, mais des crises d'amnésie l'empêchent d'en être certain.

Comme un joli rêve qui se transforme doucement en cauchemar, ce nouveau krimi d'Harald Reinl mise moins sur l'action que sur les tourments intérieurs de ses personnages. Quand Jane se demande si elle n'a pas épousé un monstre, Peter s'imagine déjà schizophrène. Et la police? Rassurez-vous, l'inspecteur Bourke veille. L'acteur Siegfried Lowitz, loin du style frimeur et roublard d'un Fuchsberger, campe un flic impassible qui ne s'occupe que de son enquête. L'autorité par Lowitz est en revanche plus spectatrice qu'actrice, l'homme préférant se mettre en retrait pour observer. Brasser de l'air inutilement,

ce n'est pas son truc. L'acteur donne la réplique à Karin Dor qui incarne de son côté la belle héroïne, pas loin de tourner folle devant une telle avalanche d'interrogations. Le rôle principal, lui, est confié à un petit nouveau. Jusqu'à présent les héros étaient incarnés par des acteurs connus du public allemand, histoire de rendre l'identification plus facile et de rameuter le public le plus large possible. Mais Harald Reinl, bien décidé à surprendre son monde, choisit finalement de faire confiance à Hellmut Lange, qui n'avait jusque-là tourné que dans quelques téléfilms et un long- métrage. Un choix courageux et payant, car

l'acteur se révèle au final tout à fait convaincant.

Le film se laisse ainsi siroter sans problème, même s'il constitue un des krimis les moins aboutis de son réalisateur. On pourra par exemple lui reprocher une sobriété pas vraiment compatible avec sa volonté de jouer la carte du film paranoïaque. Le scénario cause bluff, pertes de mémoire, complot et schizophrènie, mais ce n'est jamais traduit avec l'ampleur nécessaire à l'écran. La copie rendue par Rein! est propre, c'est sûr, mais une telle intrigue aurait mérité un brin de folie. Difficile en revanche de chipoter sur la forme, avec notamment la très belle photographie de Karl Lôb. Mettant en valeur chaque décor et donnant aux scènes se déroulant dans le château des allures de conte gothique, Lôb fait des merveilles, une fois encore. Ce dernier signa la photo d'un paquet de films Edgar Wallace, c'est lui par exemple qui avait contribué à faire de Die Toten Augen von London le petit bijou qu'il est encore aujourd'hui. Der Fälscher von London, lui, est peut-être un film mineur dans la carrière d'Harald Reinl, mais il ne manque pas de charme.

WALTER RILLA + HELLMUT LANGE

ULRICH BEIGER -JOSEPH OFFENBACH

EDDY ARENT . VICTOR DE KOWA kecta: HARALD REINL

PRoouztoNE : RIALTO FILM

> escuusira: EXPORT FILM BISCHOFF

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DIE SELTSAME GRÂFIN R.F.A, - 1961 Réalisateur: Josef von Bâaky

Durée: 95 minutes Photographie: Richard Angst Avec: Joachim Fuchsberger,

Brigitte Grothum,

Lil Dagover.…..

Margaret Reedle reçoit régulièrement les appels d'un détraqué et échappe à plusieurs accidents. Quelqu'un semble vouloir lui nuire, c'est pourquoi l'inspecteur Dorn tente de la protéger. Entretemps, la jeune femme trouve refuge chez sa nouvelle employeuse, une comtesse au comportement étrange.

Si on prend la peine de découvrir les krimis de la Rialto dans l'ordre chronologique de leur sortie en salles, Die seltsame Gräfin constitue en quelque sorte le coeur d'une petite période de vaches maigres, qualitativement parlant. À peine sortis d'un Narcisse jaune décevant qui sabordait ses rares qualités par autant de défauts pesants, c'est pourtant pleins d'espoir que nous plongeons dans l'univers de L'étrange comtesse. Réalisé en partie par Josef von Bäky, ce dernier tomba hélas gravement malade en plein tournage. Dans l'incapacité d'assurer son rôle jusqu'au bout, l'infortuné céda sa place à Jürgen Roland.

Le réalisateur de L'Archer vert reprend ainsi l'histoire de Margaret Reedle, une jeune femme sans histoire qui devient la proie d'un assassin aux motivations encore troubles. Et comme un malheur n'arrive jamais seul, la pauvre se fait également harceler au téléphone par un mystérieux détraqué. Un tel acharnement soulève forcément des tas d'interrogations, laisse deviner quelques obscurs secrets bien enfouis et pose des questions auxquelles

Mike Dorn va tenter de

l'inspecteur répondre, même si l'heroïne ne lui a rien demandé (mais on soupçonne de la part du loustic une tentative peu discrète de conclusion dans le foin). L'intrigue est plutôt prometteuse, très classique dans sa

mécanique mais capable de fournir quelques bons moments de tension. Notamment cette scène Margaret voit son balcon s'éffondrer sous ses pieds, on y retrouve un peu le côté sadique qui animait

La grenouille attaque Scotland Yard. Et surtout, on se sent concerné par le sort des personnages principaux, attachants et incarnés par des acteurs de talent. Brigitte Grothum est par exemple parfaite dans le rôle de Miss Reedle, on vit véritablement avec elle ses moments de flippe. Klaus Kinski en suspect idéal est également en forme. Malgré un temps de présence restraint, il est pour beaucoup dans l'intérêt

qu'on pourra porter à ces nouvelles aventures krimiesques. Malheureusement les bons points

s'arrêtent là, car si la réalisation de Die Seltsame Gräfin s'applique à suivre les pointillés, comme à l'école, jamais elle ne tentera d'en sortir pour apporter un peu de neuf au genre. Le rythme baisse à mesure que les minutes s'égrainent, Joachim Fuchsberger lutte pour ne pas tomber dans les bras de Morphée et les apparitions de la comtesse du titre, incarnée par Lil Dagover, finissent par ne susciter rien d'autre qu'une indifférence polie. Sachant qu'il s'agit d'un des personnages centraux de l'histoire, c'est un peu problématique. Le film partait pourtant bien, mais la flemmardise de sa mise en scène rend sa vision pénible, à l'image du dernier acte réservé aux grandes révélations qui fait un joli flop, le réalisateur ayant depuis longtemps perdu

l'attention des spectateurs. Peut-être

qu'avec une production moins chaotique, dues aux raisons évoquées précédemment, le film aurait été différent. En l'état, il constitue un épisode très mineur de la série et c'est bien dommage.

Der Falscher von London

QUI uu MUNIE

Das Ratsel der roten Orchidee

L'histoire:

DAS RÂTSEL DER ROTEN ORCHIDEE (L'orchidée rouge)

R.F.A. - 1962 Réalisateur: Helmut Ashley

Durée: 84 minutes Photographie: Franz Xaver Lederle Avec: Christopher Lee, Adrian Hoven,

Marisa Mell...

Deux bandes rivales se font la guerre à Chicago avant de débarquer à Londres. Un agent du FBI les suit et va tenter de mettre un terme à leurs méfaits,

Das Rätsel der roten Orchidee est réalisé par Helmut Ashley, un futur habitué du petit écran qui signera un paquet d'épisodes de feuilletons allemands plus ou moins connus par chez nous et qui terminera sa carrière sur les plateaux du Renard et de l'inspecteur Derrick. Curieusement, dès ses débuts pourtant consacrés au cinéma, le réalisateur semblait déjà incapable de penser sa mise en scène autrement que dans un cadre télévisuel. Oui, L'orchidée rouge a plutôt la carrure d'un téléfilm, qui cadre près, très près de ses personnages, ne joue jamais avec la profondeur de champ et paraît frileux comme un habitué des grilles de programmes de TF1. C'est regrettable, d'autant que cette histoire, plus qu'aucune autre, méritait un peu de subversion. Imaginez, deux bandes rivales qui se font la guerre de Chicago à Londres, le FBI jouant les arbitres au milieu. La confrontation aurait pu être terrible, avec les coups bas, règlements de comptes, trahisons et meurtres sadiques de rigueur. Au final, il y a bien quelques exécutions et le sang coule, mais uniquement dans de rares plans

statiques qui se contentent d'illustrer il aurait fallu mettre en scène. Le film est comme cela du début à la fin, bien trop propre sur lui pour convaincre. Même le casting constitué de quelques grands noms semble totalement transparent. Qu'Adrian Hoven dans la peau de l'inspecteur Weston soit d'une fadeur absolue passe encore, mais le voir épaulé par un Christopher Lee aussi peu impliqué, ça fait mal. En fait, devant l'ampleur du désastre, on est même d'abord tenté de croire à un sosie de l'acteur, comme dans certaines productions européenne (voir par exemple Robert Sacchi, qui joua beaucoup de sa

ressemblance avec Humphrey Bogart).

Reste alors Klaus Kinski, qui relève un peu le niveau général. En enfilant le costume d'un gangster au charisme certain, l'acteur laisse entrevoir ce qu'aurait réellement pu être L'orchidée rouge si tout le monde y avait mis du sien. La belle Marisa Mell, également embarquée dans l'aventure, semble en tout cas tout faire pour lui emboîter le pas. Qu'importe que cette dernière livre une prestation honnête mais sans éclat et que le personnage qu'elle incarne soit sous-exploité, chacune de ses apparitions met du baume au coeur. Inoubliable de sensualité dans des films comme Danger: Diabolik Perversion Story, l'actrice assure ici la partie charme du scénario et gageons que même Ulysse attaché à son mât aurait du mal à résister à un tel regard. Le spectateur peut donc au moins compter sur ces deux talents, sur quelques jeux d'ombres hérités de l'expressionnisme allemand et sur une séquence avec une bombe à retardement, qui parvient à ménager un petit suspense appréciable. En dehors de ces rares amuse- bouches et même s'il s'éloigne un peu des habituelles affaires familiales pour explorer un peu l'univers du grand banditisme, L'orchidée rouge ne propose pas grand chose à se mettre sous la dent, ses rebondissements se comptant sur les doigts d'une main.

BENELUX FILMS

5]

DIE TÜR MIT DEN 7 SCHLÔSSERN (La porte aux sept serrures)

R.F.A. / France - 1962 Réalisateur: Alfred Vohrer

Durée: 96 minutes Photographie: Karl Lôb Avec: Heinz Drache, Sabine Sesselmann, Eddi Arent.….

Lord Selford, avant sa mort, a envoyé à certains de ses amis une clé qui doit ouvrir une porte à sept serrures renfermant un trésor. Hors, les détenteurs des clés meurent les uns après les autres. L'inspecteur Martin enquête.

Après avoir signé l'excellent Die toten Augen von London un an plus tôt, Alfred Vohrer revient enfin aux affaires, bien décidé à nous faire oublier nos récentes déceptions. S'inspirant du roman The Door with Seven Locks, son nouveau film nous plonge dans une affaire qui convoque les grands codes de l'univers d'Edgar Wallace et les manie avec un réel esprit ludique. Cette version (une adaptation du bouquin ayant déjà vu le jour en 1940) est d'ailleurs remarquable pour ça, le réalisateur est parvenu à reprendre avec fidélité les ingrédients qui firent le succès des romans, tout en s'attachant à y injecter son propre style. Vohrer nous rappelle de cette manière qu'éviter la transposition littérale d'un texte est la condition sine qua non pour une adaptation réussie.

La séquence d'introduction nous met directement dans le bain, on y suit les déambulations d'un prêtre sur le quai d'une gare. Après un arrêt à la buvette la plus proche, l'ecclésiastique s'effondre, empoisonné par un inconnu. La police arrive rapidement sur les lieux et découvre

autour du cou de la victime une chainette au bout de laquelle est attachée une dlé. Cette clé, a priori sans intérêt, est pourtant le coeur de ce nouveau mystère. S'ensuit un récit qui mélange meurtres, histoire d'héritage, chasse au trésor et scientifique barjot. En bon chef d'orchestre, Alfred Vohrer ne fait aucun faux pas, tout semble parfaitement équilibré. Le suspense est bien présent, les crimes se suivent et ne se ressemblent pas, même l'humour y trouve sa place sans que celui-ci ne nous détourne de la trame principale. On ressort de ce krimi avec la sensation que tout le monde s'est bien amusé, qu'il s'agisse de l'équipe

ou des spectateurs. Un des éléments de cette réussite se nomme Heinz Drache, qui fait pour l'occasion sa première apparition dans la série. Abonné le plus souvent aux rôles de représentants de la loi, à l'instar de Joachim Fuchsberger, l'acteur incarne un flic classe et détendu, dont le principal passe-temps est la prestidigitation. Une passion qui sera mise à contribution pour les besoins de l'enquête et pour notre plus grande joie! À ses côtés, c'est Sabine Sesselman qui se rappelle à notre bon souvenir. Déjà aperçue dans Le Narcisse jaune intrigue Scotland Yard, dont elle se révéla être une des rares qualités, la charmante actrice peut enfin laisser parler son talent. Elle compose même une des héroïnes les plus intéressantes jusqu'ici. Radieuse et capable avant tout de faire preuve de caractère, la jeune bibliothécaire qu'elle incarne est assez irrésistible. Le reste du casting, plus classique, rassemble toutefois des acteurs confirmés, qui achèvent de rendre La porte aux sept serrures immanquable.

EDGER PRLERCE |

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EDGAR WALLAGE

Das Ratsel der rater Orehidee

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L'histoire:

DAS GASTHAUS AN DER THEMSE (Le requin harponne Scotland Yard) R.F.A. - 1962 Réalisateur: Alfred Vohrer Durée: 92 minutes

Photographie: Karl Lôb Avec: Joachim Fuchsberger, Brigitte Grothum, Elisabeth Flickenschildt.

Près de la Tamise, un homme est assassiné. Le criminel, un homme-grenouille muni d'un fusil-harpon, sème la terreur à Londres, L'inspecteur Wade se lance sur ses traces.

Il ne fallait rien de plus qu'un doublé d'Alfred Vohrer pour que la Rialto connaisse ses plus grands succès. Avec Das Gasthaus an der Themse, elle tenait son krimi le plus rentable, rameutant dans les salles près de quatre millions de spectateurs allemands en manque de tueurs masqués et de jolies filles à secourir. Nous sommes alors en 1962 et vu l'engouement du public, la Rialto n'est pas près de changer une recette qui marche. Le nouveau long-métrage d'Alfred Vohrer ne se risque en tout cas pas une seule fois à sortir des rails, mais se contente plutôt de reproduire la bonne vieille formule. Une position surprenante étant donnée la malice avec laquelle le réalisateur jouait jusqu'ici avec son art. C'est un peu frustrant, mais ça n'en fait pas un mauvais film pour autant. Le requin harponne Scotland Yard est même un krimi tout à fait fréquentable, mais qui pèche un peu par son manque d'audace. On aurait aimé un peu plus de piquant, à l'image de l'arme originale dont se sert le bad guy de l'histoire. Vêtu d'une combinaison de plongée, pénétrant ses victimes avec son

énorme engin (un fusil-harpon) et utilisant avec intelligence les réseaux d'égouts de Londres pour semer la police, le grand criminel du film a le mérite de revenir aux premières amours de la saga: un personnage à costume, semblant sortir tout droit d'une bande dessinée pour adultes. Quitter un peu les faussaires et autres maîtres chanteurs parfois très terre-à-terre, ça fait un bien fou!

Ce retour aux sources a un autre avantage, puisqu'il fait quelques infidélités aux lieux quasiment clos des derniers épisodes en date, remet le cadre de l'intrigue en valeur

et redonne un des premiers rôles à la ville elle-même. Londres redevient enfin un personnage à part entière du récit, dont la Tamise constituerait le coeur. Le casting composé en grande partie d'habitués ne réservera en revanche aucune réelle surprise. Joachim Fuchsberger, Eddi Arent et Klaus Kinski prêtent réspectivement leur traits à l'inspecteur en charge de l'affaire, au rigolo impliqué malgré lui et au personnage inquiétant dont on ne sait rien. Les trois gaillards, dans des registres qu'ils connaissent aujourd'hui sur le bout des doigts, font le job avec l'aisance qu'on leur connait, mais il serait quand même intéressant un jour de les voir jouer à contre-emploi. On retrouve aussi Brigitte Grothum, déjà remarquée dans Die Seltsame Gräfin, qui campe une héroïne très attachante. Tantôt fragile et vulnérable, tantôt pétillante et pleine de vie, la jolie Brigitte mérite à elle seule la vision du film. Mais encore une fois, si vous espérez une évolution du genre ou ne serait-ce qu'une quelconque nouveauté, ce n'est clairement pas ici que ça se passe, Das Gasthaus an der Themse ayant pour unique vocation de reprendre à son compte les meilleurs éléments de ses prédécesseurs. Par contre, si vous êtes en quête d'un divertissement rythmé, bien emballé et doté en outre d'un quota d'action respectable, le requin vous attend impatiemment.

JOACHIM FUCHSBERGER - BRIGITTE GROTHLIM RICHARD MÜNCH -KLAUS KINSKI : JAN HENDRIKS HEINZ ENGELMANN : SIEGFRIED SCHURENBERG

sx EDDIE ARENT » ELISABETH FLIOKENSOHILDT

L'histoire:

, .DER ZINKER x (L'énigme du serpent noir) R.F.A, - 1963 Réalisateur: Alfred Vohrer Durée: 93 minutes

Photographie: Karl Lôb Avec: Heinz Drache, Barbara Rütting, Günter Pfitzmann.…

L'inspecteur Elford enquête sur une série de meurtres qui ont un point commun insolite: toutes les victimes sont mortes sous l'effet d'un venin de serpent, le Mamba noir.

Réalisé en 1963 par Alfred Vohrer, avec un Karl Lôb en grande forme à la photographie et pas mal de sang neuf au casting (Barbara Rütting ou Heinz Spitzner), Der Zinker dispose sur le papier d'une base assez solide. L'histoire commence même en fanfare avec un premier homicide et l'inauguration d'une arme nouvelle. L'assassin du film utilise en effet une sorte de pistolet-sarbacane qui tire de petites doses de venin. On suit comme d'habitude les agissements de ce tueur, sans connaître ses réelles motivations, on fait la connaissance de différents personnages secondaires, de l'inspecteur, et tout se met ainsi en place. Côté mise en scène, le réalisateur s'amuse comme toujours à mettre sa caméra au service de l'enquête. Zoomant sur les visages pour accentuer le côté potentiellement suspect de tel ou tel protagoniste, ou usant d'envoûtants plans larges pour mettre en valeur les jolis décors extérieurs plongés dans le brouillard, Vohrer prouve une nouvelle fois qu'il reste le patron de la série. Ce dernier en profite même pour mettre en image quelques idées improbables, dont lui seul semblait

avoir le secret. Avis à ceux qui se souviennent avec émotion de JCVD enfilant sa chaussure en vue subjective dans Piège à Hong-Kong, vous aimerez peut-être Siegfried Schürenberg qui mange une

carotte..en vue subjective également!

Der Zinker ne manque donc pas de charme, c'est certain, mais la relative fadeur de son intrigue et son bad guy trop effacé viennent un peu noircir le tableau. Passer de

l'assassin haut en couleur de Das Gasthaus an der Themse à un criminel sans saveur qui n'est jamais mis en valeur, le réalisateur ne le faisant exister qu'à travers son arme

insolite, c'est un peu frustrant. Pour tout dire, il se fait régulièrement voler la vedette par d'autres personnages plus secondaires, ayant apparemment eu droit à plus d'égard et à un temps de présence plus conséquent. En tête, une vieille dame un peu gaga qui sirote du whisky à l'heure du thé saura dérider les bons clients, et un journaliste excentrique, campé par Eddi Arent, nous gratifie une fois encore de quelques notes d'humour bien gratinées. Rien à dire en revanche sur Heinz Drache et Klaus Kinski, qui dans leurs rôles respectifs d'inspecteur et de sbire muet comme une tombe, portent le film.

Der Zinker laisse donc une curieuse impression. Irréprochable sur la forme, avec en outre la première utilisation du cinémascope dans la série, mais trop conventionnel sur le fond, le film se suit avec un certain plaisir mais n'offre que peu de séquences marquantes. Parmi elles, on retiendra quand même une scène qui voit une jeune femme faire face à un tigre belliqueux ou encore un final bien emballé, petit pic de tension vraiment prenant qui oppose le coupable à une de ses anciennes victimes. De quoi ressortir de ce 12ème krimi plutôt satisfait, à défaut d'avoir été vraiment surpris!

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L'histoire:

DER SCHWARZE ABT (Le crapaud masqué)

R.F.A, - 1963 Réalisateur: Franz Josef Gottlieb Durée: 95 minutes

Photographie: Richard Angst et Rudolf Sandtner Avec: Joachim Fuchsberger, Grit Boettcher...

Aux abords d'une abbaye en ruine, un personnage vêtu d'une robe de bure préserve le mystère entourant les lieux en assassinant les curieux.

Dans une série comptant autant de films, il y a forcément du bon et du moins bon. Der schwarze Abt malheureusement fait partie de cette deuxième catégorie, Franz Josef Gottlieb accouchant d'un des plus mauvais krimis de la série. Le problème ne vient pas de la courte introduction, qui parvient au contraire à faire illusion un moment. Aux abords d'une vieille abbaye en ruine, un homme fouine, scrute, cherche. Quoi exactement, on ne le sait pas encore, mais un personnage attifé d'une robe de bure noire s'empresse d'accueillir son hôte surprise en lui plantant un couteau dans le dos, préservant ainsi l'obscur secret des lieux. Boum, fondu au noir, écran-titre. Pourquoi pas, c'est classique mais ça fonctionne toujours, l'ambiance est envoûtante (comme souvent le noir et blanc y est pour beaucoup). Non vraiment cette mise en bouche est alléchante.

Hélas, il s'agit de la meilleure séquence d'un krimi bien trop timoré pour convaincre. Passée cette courte scène, le réalisateur adopte rapidement un style théâtral rappelant certains films d'horreur

des années 30, qui comblaient la modestie de leur budget par une grandiloquence un peu pénible. Les personnages passent leur temps à bavarder, s'en vont, reviennent et claquent les portes, tandis que la caméra, elle, reste tristement fixe. Ce manque d'ampleur ne nous donne vraiment pas envie de nous intéresser au scénario, qui de toute manière ne fait rien non plus pour élever le film au dessus du tout-venant krimiesque. |l suffit par exemple de voir le traitement désuet réservé au fameux tueur, pour se rendre compte que le réalisateur ne sait pas trop quoi faire de son

personnage. Entre un temps de présence très limité et des apparitions ridicules, ce cruel abbé fait peine à voir. Reste alors une inoffensive histoire de trésor convoité par quelques personnages plus ou moins

" 1: 7 n : £ Joachim Fuchsberger dignes d'intérêt, Joachim Fuchsberger, << / Dieter Borsche i 1 } Grit Bôttcher Dieter Borsche ou encore Grit Boettcher 2 Charles Regnier a : \} Werner Peters semblant eux-mêmes y croire moyen. Les k DÉS D Klaus Kinski

acteurs font certes ce qu'ils peuvent pour |: N°4 & ter Mean LES ts ice Tre

sauver les meubles, mais on a l'impression SN Fe ue le coeur n'y est pas vraiment. Attaqués MSEReetommmmmEE re QE

ci une os Fu ns en " plastique dans une scène très cheap, certains ne seraient sans doute pas loin de regretter l'élégance des épisodes précédents, qui savaient compenser des idées too much par de vraies bonnes idées de mise en scène. Gottlieb, lui, finit plutôt par singer le genre au lieu de le célébrer et survole cet univers particulier sans vraiment comprendre ce qui en fait l'attrait. Étonnamment par contre, le film fut interdit aux moins de 16 ans lors de sa sortie en salles. Quelques situations pas bien méchantes (un homme se faisant ensevelir sous d'imposantes pierres) ont motiver ce choix, mais voilà bien le seul atout de cet épisode très dispensable, qui distille du début à la fin un ennui tenace.

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L'histoire:

Tuch

DAS INDISCHE TUCH

R.F.A, - 1963 Réalisateur: Alfred Vohrer Durée: 93 minutes

Photographie: Karl Lôb Avec: Heinz Drache, Corny Collins, Klaus Kinski.…..

Réunis sous le même toit pour prendre connaissance des dernières volontés du

propriétaire des lieux, récemment décédé, une famille est contrainte de passer

une semaine ensemble, en vase clos, C'est à ce moment qu'un tueur se met en action, réduisant chaque jour le nombre d'hôtes.

Nouvel effort d'Alfred Vohrer, Das indische Tuch n'est pas qu'un très bon film, il fait aussi partie des épisodes les plus ludiques de la série! Le réalisateur semble lui-même beaucoup s'amuser avec cette histoire se déroulant en vase-clos et qui voit une poignée de personnages enfermés dans un chêteau. Ces protagonistes font en fait partie d'une même famille, réunie pour prendre connaissance des dernières volontés de l'ancien propriétaire des lieux, feu Lord Lebanon. Tous convoitent la fortune de l'aristocrate, mais ce dernier posa une condition dans son testament: seuls ceux qui vivront une semaine ensemble auront droit à leur part de l'héritage. Le clan n'étant pas des plus unis, l'idée ne fait pas l'unanimité, mais une tempête arrive à point nommé et oblige le groupe à rester sous le toit du défunt. C'est à ce moment également qu'un tueur se met à éliminer les résidents, réduisant jour après jour le nombre d'héritiers potentiels. L'un d'entre eux serait-il derrière tout ça?

Adapté du roman The Frightened Lady, Das indische Tuch braconne aussi légèrement

sur les terres des Dix petits nègres d'Agatha Christie, avec son lieu coupé du monde et son groupe d'hommes et de femmes qui rendent l'âme les uns après les autres, étranglés par un tueur ganté dont l'arme principale est ici un foulard. Mélangeant suspense et humour noir assez féroce, Vohrer nous convie en fait à un krimi des plus insolites, et même si le scénario promettait sur le papier une enquête on ne peut plus classique, une avalanche de petits détails nous emporte rapidement dans un univers autre. Que ce soit un château bourré de passages secrets (dont un judas caché dans la poitrine d'une

peinturel), un perroquet bavard, un majordome ne semblant absolument pas se soucier des événements tragiques qui se produisent autour de lui ou encore une galerie de suspects idéaux qui ont tous des lubies bizarres, tout semble familier au premier abord. C'était sans compter l'envie du réalisateur de s'amuser avec les codes du genre comme un enfant jouerait avec de la pâte à modeler. Il part ainsi d'une base qui nous semble usée jusqu'à la corde et donne à l'ensemble une forme originale, d'un équilibre parfait entre ce qui fait le sel d'un thriller et des notes d'humour macabre.

Les différentes ambiances sont traitées sur un même pied d'égalité et mariées avec beaucoup de malice, certains plans jouant par exemple avec la profondeur de champ pour tromper le spectateur. Au final, on n'a jamais l'impression d'être devant une parodie ou une mauvaise blague, mais bien devant un whodunit rondement mené, qui serait juste un peu moins sérieux que d'habitude. Pour couronner le tout, le film nous offre même un final assez émouvant. Portée par des acteurs habités (Heinz Drache, Klaus Kinski, Eddi Arent...) et une mise en scène rigoureuse, la révélation du meurtrier nous cueille et finit par coller une petite boule dans la gorge. L'émotion étant finalement assez rare dans la série, ce cinquième krimi d'Alfred Vohrer pour la Rialto n'en devient que plus précieux!

HEINZ DRACHE

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SIEGFRIEO SCHURENSERG

MANS CLARIN RICHARD HAUBLER

EDDI ARENT ELISABETH FLICKEN- SCHILDT

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ALFRED VOHRER

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Karin Lor:

reine du krimi

Karin Dor, de son vrai nom Kätherose Derr, pousse son premier cri le 22 février 1938 à Wiesbaden. Enfant, l'actrice se découvre rapidement un vif intérêt pour l'univers du 7ème Art, d'abord en prenant des cours de théâtre et de danse durant sa scolarité, puis en faisant de la figuration. À l'âge de 15 ans, tout s'accèlère, la belle apparaît pour la première fois sur les écrans, aux côtés de Curd Jürgens dans La Dernière Valse d'Arthur Maria Rabenalt. Il s'agit néanmoins d'un tout petit rôle, non crédité. Mais la jeune femme est persévérante et s'affiche dans pas moins de quatre longs- métrages l'année suivante, nous sommes alors en 1954 et la jeune Kätherose Derr devient Rose Dor au générique de deux films, avant d'adopter son nom d'actrice définitif. C'est en 1954 également qu'elle épouse Harald Reinl*, réalisateur de 30 ans son ainé qui fera d'elle son actrice fétiche.

C'est avec Scotland Yard contre le masque en 1960 qu'elle fait sa première incursion dans l'univers d'Edgar Wallace. La belle apparaîtra en tout et pour tout dans cinq krimis de la Rialto, ce qui est finalement peu quand on repense aux participations récurrentes d'Eddi Arent (23 films) ou Klaus Kinski (17 films). Son surnom de reine du krimi n'en est pas moins mérité, ni son statut de scream queen d'ailleurs, tant ses fameux cris auront vrillé les tympans de

plus d'un spectateur fidèle et conquis. Karin Dor a tout au long de sa carrière eu pour elle un charme indéniable ainsi qu'un vrai talent de comédienne. Dirigée par son

réalisateur de mari lorsque le couple travaille de concert, on ne voit qu'elle à l'écran. Tout, des cadrages aux lumières, semble pensé pour sublimer l'actrice. Entre ses récurrentes participations aux krimis de l'époque, Karin Dor va s'aventurer dans des univers divers et variés. Elle se frotte par exemple au docteur Mabuse en 1962, dans L'invisible docteur Mabuse. Elle côtoie l'acteur Pierre Brice dans Le trésor du lac d'argent et Le trésor des montagnes bleues, des films mettant en avant le héros Winnetou, d'après l'oeuvre de l'écrivain Karl May. Ces westerns à l'allemande disposent aujourd'hui encore d'un certain charme, de part leur naïveté revendiquée et l'utilisation d'un scope privilégiant les

grands espaces. Destinés avant tout à un jeune public, les adultes ayant gardé une âme d'enfant ne sont pourtant pas à l'abri d'y succomber. Et miss Dor, toujours pimpante dans ses jolis costumes d'indienne ou de cow-girl de faire tourner la tête de petits et grands! N'ayant pas froid aux yeux, elle affronte également des adversaires redoutables, comme dans Le masque de Fu-Manchu, en 1965. Ce premier volet d'une nouvelle série de films centrés sur le personnage créé par Sax Rohmer et interprété ici par Christopher Lee reste un bon moment, notamment grâce à son casting et ses décors. La réalisation de Don Sharp, elle, aurait peut- être gagné à être plus inventive, il manque ce petit soupçon de personnalité qui fait souvent toute la différence. En 1966, c'est Brunhild qu'elle incarne dans une énième adaptation de la légende des Nibelungen, par Harald Reinl encore une fois. Ce dernier réalisera l'année suivante un petit bijou de cinéma bis, Le vampire et le sang des vierges, toujours avec sa dulcinée au casting. Savoureux mélange d'horreur gothique à l'anglaise et d'extravagance typiquement allemande, le film convoque différents ingrédients indémodables: épais brouillard, château lugubre, cavaliers et bourreaux, sombres couloirs.des poncifs saupoudrés de ce petit soupçon de folie, qui fait sortir le titre du lot. Doté en outre d'une imagerie foisonnante et d'un casting aux petits oignons (Lex Barker donne notamment la réplique à Christopher Lee), Le vampire et le sang des vierges reste un des grands fleurons du cinéma populaire des années 60! Évidemment, il s'agit d'une production allemande, comme la plupart des projets auxquels a pu participer Karin Dor jusqu'à présent. Hors, en cette année 1967, un film va lui ouvrir les portes de l'international. Dans On ne vit que deux

fois de Lewis Gilbert, cinquième opus des aventures de l'agent 007 au cinéma, l'actrice allemande campe une James Bond girl face à Sean Connery. Son rôle est mineur mais cela lui offre de nouvelles possibilités. Complétant le casting du Caroline Chérie de Denys de La Patellière en 1968, aux côtés de Vittorio De Sica, Bernard Blier ou encore Gert Frôbe, elle s'envole un an plus tard pour le tournage de L'Étau, signé Alfred Hitchcock. Le réalisateur amorce alors doucement sa fin de carrière en signant son antépénultième long-métrage, et même si ce dernier ne peut prétendre à se hisser au niveau de ses plus grands chefs-d'oeuvre, il reste un bon film d'espionnage à ne surtout pas négliger sous prétexte qu'il s'agit d'une commande. Et Karin Dor, dans le rôle d'une agent cubaine à la tête d'un réseau anti- gouvernemental, nous offre ni plus ni moins que la plus belle scène du film. Une autre bonne raison de le découvrir!

Après cette expérience outre-Atlantique dont elle gardera un très bon souvenir, l'actrice replonge dans le cinéma bis,

espagnol cette fois-ci. Dans Dracula contre Frankenstein, signé Tulio Demicheli après le départ du réalisateur Hugo Fregonese en plein milieu de tournage,

Karin croise

vampires, loup-garous, momies et autres mythiques créatures. Le résultat est une friandise alléchante sur le papier mais qui s'avère au final assez chaotique, risquant même de décevoir les plus indulgents. Cela dit, rien que pour son défilé de monstres cultes de l'imaginaire fantastique, ses maquillages plus qu'approximatifs, la présence de l'actrice et le scénario du passionné Paul Naschy, le film mérite qu'on y jette un oeil. Malheureusement, à partir des années 70, Karin se tourne peu à peu vers la télévision, enchaïînant téléfilms et séries anecdotiques. Qu'importe, sa riche carrière réserve plus d'une douceur à découvrir, et même si ses rôles se limitaient souvent à celui de la jeune héroïne sans défense, elle savait donner à ses personnages le relief nécessaire: "Les personnages que j'incarnais étaient des filles impuissantes face au danger qui réveillaient l'instinct de protection du héros"?. D'un côté, qui n'aurait pas envie de se lever de sa chaise et de traverser l'écran à la manière de Buster Keaton dans Sherlock Jr. pour aller secourir la belle Karin?

“Pour la petite histoire, de nombreuses sources indiquent que Karin Dor serait née le 22 Février 1936, ce qui est faux. En fait la belle avait à l'époque volontairement falsifié son âge (elle n'avait que 16 ans), se vieillissant de deux ans pour pouvoir se marier sans difficultés.

Zimmer 13

L'histoire:

ZIMMER 13 (L'Attaque du fourgon postal)

R.F.A. / Danemark / France - 1964 Réalisateur: Harald Reinl

Durée: 89 minutes Photographie: Ernst W. Kalinke Avec: Joachim Fuchsberger, Karin Dor,

Richard Häussler…

Alors qu'un tueur en série assassine une à une les danseuses d'un nightclub, l'inspecteur Gray doit aussi faire face à une bande criminelle préparant un casse.

Zimmer 13, premier krimi de l'année 1964, fut interdit aux moins de 18 ans par la FSK (pour Freiwillige Selbstkontrolle der Filmwirtschaft), l'équivalent allemand du CSA. Les raisons évoquées pour justifier ce choix furent un coupable trop malsain et la présence de furtifs plans de nudité, dans lesquels une strip-teaseuse laissait ses jolies formes à l'appréciation des spectateurs. Une décision étonnante, car en y réfléchissant un peu, certains krimis antérieurs pouvaient paraître plus déviants. L'ambiance générale reste ici assez sage et les ficelles de l'intrigue très classiques. Aucun poncif du genre n'est laissé sur le banc de touche, on croise des truands aux méthodes expéditives, un tueur ganté, des secrets familiaux, le tout dans les quartiers lugubres de Soho. Un joyeux festival qui aurait pu prendre des allures de gros bordel indigeste, mais qui se tient finalement bien, car le réalisateur ne traite aucun de ces éléments par dessus la jambe. Reinl oblige on a même droit, en guise de friandise, à une petite touche de fantastique bienvenue, qui n'est certes que suggérée mais qui apporte une autre facette au récit.

le film pèche en revanche, c'est par un twist visible à des kilomètres. Des indices gros comme des camions étant disséminés à intervalle régulier tout au long de l'intrigue, l'identité de l'assassin est trop prévisible. Mais Zimmer 13 reste néanmoins un bon divertissement, qui parvient à compenser son manque de surprise par un déluge d'action que le réalisateur orchestre sur un rythme quasi- serialesque. C'est simple, si c'était une bande dessinée, le film n'en finirait pas de faire pan!, boum, splash!. D'accord, il n'y a rien qu'on n'ait déjà vu dix fois, mais le spectacle est assuré et les acteurs semblent

vraiment s'amuser, ce qui s'avère rapidement communicatif. Pour l'occasion, Joachim Fuchsberger et Karin Dor se voient une nouvelle fois réunis en haut de l'affiche, respectivement dans les rôles de l'inspecteur frimeur et de la jeune femme en détresse. Si l'acteur a déjà livré de meilleures prestations, le fait de retrouver la charmante Karin est toujours un plaisir, d'autant qu'elle incarne un des personnages les plus intéressants. Dans un autre registre on retiendra également le numéro d'Eddi Arent, dans un rôle qui lui va comme un gant mais qui risque aussi fortement de désespérer ses plus fervents détracteurs. Sorte de scientifique maboul au service de Scotland Yard, son personnage est un amateur d'expériences aboutissant généralement à une bonne vieille explosion des familles. Mieux encore, il entretient une relation amoureuse avec un mannequin en plastique qui lui sert de cobaye lors de ses tests. L'humour farfelu et nonsensique de la série a encore frappé et il sera difficile de faire plus perché!

À FUCHSBERGER

Edgar Wallace

Edgar Wallace

Ziramar

Die Gruft mit den Ratselschloss

L'histoire:

DIE GRUFT MIT DEM RÂTSELSCHLOSS (La serrure aux treize secrets) R.F.A. - 1964 Réalisateur: Franz Josef Gottlieb

Durée: 90 minutes Photographie: Richard Angst Avec: Harald Leipnitz, Judith Dornys,

Rudolf Forster.

Un gérant de casino souhaiîte léguer une fortune à !a fille d'un de ses anciens clients, qu'il regrette d'avoir ruiné, Maïs la jeune femme est enlevée par l'ancien croupier de l'établissement, également intéressé par le magot.

Après un premier essai de triste mémoire, Franz Josef Gottlieb récidive et nous propose Die Gruft mit dem Rätselschloss, ou La serrure aux treize secrets chez nous. Si ce deuxième film n'est pas aussi catastrophique que son ainé, il n'y a malheureusement pas de quoi sauter au plafond non plus. L'histoire se concentre cette fois sur le contenu d'un coffre doté d'une serrure inviolable, qui s'avère même fatale pour quiconque se tromperait dans la manière de l'actionner. Cette étrange énigme vise en fait à préserver des curieux un juteux magot. Un ancien gérant de casino, rongé par les remords après avoir ruiné un de ses clients, veut léguer cette fortune à la fille de ce dernier dans l'espoir de soulager sa conscience. Sauf qu'évidemment, qui dit trésor dit truands, brigands, criminels en tous genres, qui auront tôt fait de tenter de nuire à la jeune femme et au vieillard pour mettre la main sur l'argent.

Doté d'une intrigue sans grande envergure, Die Gruft mit dem Rätselschloss tombe rapidement dans les même travers que Der

schwarze Abt. Trop avare en vrais bons moments de bravoure et mettant en scène des héros antipathiques qui empêchent toute identification, le film ne donne qu'à de rares moments satisfaction. Ce sentiment de frustration est de plus accentué par le fait que le réalisateur raconte son histoire avec une sorte de cynisme assez désagréable, en prenant tout à la rigolade, des personnages principaux aux différentes péripéties. Un peu comme si le projet avait été pensé comme une comédie avec des morceaux de krimis dedans, plutôt que l'inverse. Les notions de tension, de suspense et de frissons sont

EDGAR WALLACE

Die Cruft mit den Rätselschloss

totalement snobés par Gottlieb, qui préfère mettre en avant un héros à haute teneur humoristique (campé par un Eddi Arent exubérant) et démontre son goût pour le comique de situation, même quand le genre ne s'y prête pas du tout. Quant à l'héroïne, incarnée pour l'occasion par Judith Dornys, nouvelle venue dans la série, elle est d'une transparence assez désespérante. Mignonne, ça oui, mais pour un peu de charisme ou de caractère, il faudra repasser. L'actrice affiche tout au plus deux expressions faciales et ne semble que peu concernée par les événements, dans un rôle qui ferait presque figure de faire-valoir.

Bref, Die Gruft mit dem Rätselschloss se suit avec un ennui poli mais peut au moins se reposer sur un joli scope et une ou deux scènes valant le coup pour nous réveiller de temps en temps. Toutes les séquences dans la fameuse pièce secrète ou le final dans un vieux moulin méritent par exemple qu'on y jette un oeil, mais on reste devant un krimi faiblard qui singe une nouvelle fois le genre au lieu de tenter de l'aborder avec candeur.

ÉLGOTIUER AA STEMMLE IHRST WENDLANDE

EDGAR WALLAGE

Die Cruft mit de Rätselschloss

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EDGAR WALLACE

Die Cruft mit dem . 1 Rätselschloss

Zimmer 13

Die Gruft mit den Ratselschloss

verfieer

L'histoire:

DER HEXER

R.F.A, - 1964 Réalisateur: Alfred Vohrer Durée: 81 minutes

Photographie: Karl Lôb Avec: Joachim Fuchsberger, Heinz Drache, Sophie Hardy...

La soeur d'un criminel mondialement recherché est assassinée, Persuadé que ce dernier va vouloir retrouver le coupable pour la venger, l'inspecteur Higgins compte bien faire d'une pierre deux coups: résoudre l'enquête et tendre un piège au célèbre gangster.

Tourné dans un scope magnifique et réunissant pour la première fois les deux acteurs phares de la série que sont Joachim Fuchsberger et Heinz Drache, Der Hexer reste peut-être aujourd'hui encore un des krimis les plus connus et reste le seul à avoir eu droit à une suite, le bien nommé Neues vom Hexer. Une renommée amplement méritée, car Alfred Vohrer signe un excellent divertissement! La très belle photographie de Karl Lôb, le rythme sans faille, la mise en scène, chaque aspect du long-métrage semble à la hauteur des attentes, et la grande attraction du titre, le fameux Hexer, reste un des méchants les plus passionnants de la série. Ce mystérieux fugitif est recherché dans le monde entier, ce qui l'oblige à user de divers déguisements pour se déplacer en toute tranquillité. Hors, le récent meurtre de sa soeur, secrétaire dans la capitale anglaise, le pousse à retourner à Londres pour venger cette dernière.

Le scénario nous propose donc deux criminels pour le prix d'un. En plus des agissements d'un Hexer que les officiers de

Scotland Yard traquent sans succès, un petit groupe commandé par un avocat corrompu gère de son côté un sordide trafic

de femmes. Pour le réalisateur, c'est l'occasion d'imaginer des situations insolites, comme ces scènes les

membres de la bande se débarrassent de leurs victimes à l'aide d'un petit sous- marin. L'engin, grâce à un réseau sous- terrain, finit par abandonner les corps dans la Tamise. Dans un autre style, Vohrer accouche aussi de plans complètement dingues, notamment cette vue subjective d'un téléphone! D'une manière générale, il y a toujours quelque chose à savourer à

l'écran, que ce soit une idée bien exploitée, un décor évocateur une performance d'acteur.

Le casting d'ailleurs n'est pas en reste non plus. Joachim Fuchsberger par exemple n'hésitait pas à faire le casse-cou lorsqu'une scène exigeait une petite cabriole: “Quand il [Alfred Vohrer] devait chorégraphier des scènes d'action, c'est en grande partie moi qui le faisait, c'était ma spécialité de par ma pratique du judo fil est ceinture noire 1ère Dan]. J'ai toujours aimé faire ça, parce que je savais comment tomber et je connaissais nos limites"#. Dans Der Hexer, lui et ses compagnons s'en donnent à coeur joie, distribuent quelques bourres-pifs, dégainent leur revolver et se lancent même dans une course-poursuite sur les toits de la ville. De quoi contenter les amateurs d'action à l'ancienne, la mode n'était pas encore au surdécoupage mais plutôt à la mise en valeur des acteurs et des décors dans lesquels ils évoluent, quand bien même une grande partie de ces péripéties était tournée en studio. Deux nouveaux visages féminins, aussi charmants l'un que l'autre, font aussi leur première apparition. D'un côté, Sophie Hardy campe une héroïne à la bonne humeur communicative, mais qui se contentera cette-fois d'assurer la partie charme du film avec un rôle sans grande importance. De l'autre, Margot Trooger incarne l'envoûtante épouse du Hexer. Toutes et tous achèvent de faire de ce nouveau krimi un morceau de cinéma pulp sans temps mort, qu'on prend plaisir à voir, confortablement, comme on prendrait plaisir à feuilleter un bon roman de l'écrivain!

ag, Vérrätertor

L'histoire:

DAS VERRÂTERTOR

R.F.A. / Royaume-Uni - 1964 Réalisateur: Freddie Francis Durée: 87 minutes

Photographie: Denys N. Coop et Ray Hearne Avec: Albert Lieven, Gary Raymond, Margot Trooger.….

Un homme d'affaires organise le cambriolage de la Tour de Londres, qui abrite les joyaux de la couronne.

Le cas Das Verrätertor est intéressant car c'est la première fois qu'un anglais est en charge d'un krimi. Pas le moins compétant en plus puisqu'il s'agit de Freddie Francis, réalisateur entre autres de Paranoiac et Nightmare, deux très bons films de la Hammer. Les nouveautés ne s'arrêtent pas là, ce nouvel épisode se concentrant uniquement sur les déambulations des criminels. Pas d'inspecteur sans peur ici, ni de flic de choc, l'intrigue entière suit la préparation d'un hold-up par une bande pleine de ressources et fait flirter le krimi avec le caper-movie. Nous faisons donc la connaissance d'une poignée d'hommes et de femmes déterminés, organisés et n'ayant pas peur de voir grand en s'attaquant à la fameuse Tour de Londres, qui abrite depuis le 14ème siècle les joyaux de la couronne britannique. Sont-ils fous? Cette forteresse supposée imprenable, systèmes de sécurité infaillibles et rondes incessantes décourageraient n'importe quel Arsène Lupin en herbe? Évidemment que non, car la fine équipe dispose d'un atout de taille, la complicité d'un prisonnier fraîchement évadé et qui, par un hasard

tout krimiesque il faut bien l'avouer, se trouve être le troublant sosie d'un des gardiens du trésor royal.

Avec un suspense et un rythme qui montent crescendo, Das Verrätertor se révèle à la hauteur du sous-genre auquel il se rattache. Le film ne nous fait pas perdre une miette des préparations du hold-up, car le réalisateur a bien compris que pour que son histoire captive les spectateurs, il fallait qu'ils sachent tout des tenants et aboutissants de l'opération. Le plan se met en place sous nos yeux, méticuleusement, on y suit des gangsters campés par quelques belles tronches de cinoche et la

dernière partie, réservée au casse, n'en devient que plus palpitante. Freddie Francis a pris la bonne décision en prenant le temps de mettre en place ses enjeux et ses personnages, de manière carrée mais efficace. S'il avait adopté le style volontairement labyrinthique de certains krimis, l'impact n'aurait pas été le même.

Les acteurs sont également pour beaucoup dans la réussite du film, à commencer par Klaus Kinski et Margot Trooger. Dotés tous deux d'un physique qu'on n'oublie pas, ils crèvent l'écran et donnent aux truands qu'ils incarnent tout le relief dont il avaient besoin. Coproduction oblige, on croise aussi plusieurs acteurs anglais, comme Gary Raymond. Ce dernier disposait alors d'une filmographie très intéressante puisqu'on pouvait le voir dans Soudain l'été dernier de Joseph L. Mankiewicz ou dans le mythique Jason et les Argonautes de Don Chaffey. Prêtant ici ses traits au garde et à son sosie loubard, sa prestation n'est pas des plus inoubliable, pour ne pas dire fade, mais l'exercice du double rôle n'est jamais très évident. Pas très grave, le film, lui, reste un petit plaisir à déguster l'esprit léger!

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L'histoire:

NEUES VOM HEXER

R.F.A, - 1965 Réalisateur: Alfred Vohrer Durée: 91 minutes

Photographie: Karl LOb Avec: Heinz Drache, Barbara Rütting, Brigitte Horney.….

Le Hexer retourne à Londres après avoir appris qu'un imitateur signaït de son nom certains meurtres. Soucieux de laver son honneur, le célèbre fugitif semble prêt à aïder Scotland Yard à faire tomber l'imposteur.

L'année 1965 marque le retour du Hexer, qui après avoir tenu tout Scotland Yard en échec un an plus tôt, s'apprête à frapper à nouveau. Pour tout dire, la Rialto pensait même à un possible troisième épisode, mais cette suite n'ayant pas connu le succès escompté, l'idée fut finalement abandonnée. Dommage, car si ce Neues vom Hexer ne vaut pas son ainé, il n'en reste pas moins un bon petit krimi. L'ensemble sent fatalement un peu le réchauffé, Alfred Vohrer se reposant beaucoup sur des protagonistes que l'on connait déjà et sur une mécanique assez classique, mais d'un autre côté, ce bad guy se prêtait plus qu'aucun autre à une nouvelle aventure. Dans ce qu'il peut avoir d'imprévisible et d'ambigu, le Hexer est un personnage riche, dont on ne sait jamais vraiment quoi penser. L'intrigue de ce film renforce clairement ce sentiment, car ses intentions ne sont pas toujours totalement négatives.

Tout commence donc par un meurtre, que le coupable a la bonne idée de maquiller pour que tous suspectent le fameux

criminel mondialement recherché. Scotland Yard semble dans un premier temps tomber dans le panneau, mais le principal intéressé, lui, ne compte pas endosser les meurtres commis par d'autres et se lance à la poursuite du véritable assassin. Quand on y regarde bien, lui et la police ont à peu près le même objectif, avec certes des méthodes antagonistes, mais c'est justement ça qui fait tout l'intérêt du film. Vohrer, en partant d'un scénario a priori banal, accouche d'un krimi la nuance est constante. Rien n'y est tout noir ou tout blanc, les gentils peuvent être idiots ou gauches, et les méchants comme le Hexer

Edgar Wallace

peuvent s'attirer la sympathie du public, notamment en sauvant un personnage d'une mort certaine. Le véritable meurtrier, lui, finit par devenir presque secondaire, tant sa traque menée en parallèle par l'inspecteur Wesby, campé par Heinz Drache, et le Hexer, incarné une nouvelle fois par le luxembourgeois René Deltgen l'éclipse très souvent. Ne composant pas tout à fait un duel, mais pas un duo non plus, les deux acteurs assurent en tout cas le spectacle!

En dehors du soin apporté au traitement des personnages, cette suite ne tient malheureusement pas la comparaison avec le film de 1964. Moins porté sur l'action, avec des décors moins riches, moins variés et une ambiance générale plus sobre, Neues vom Hexer déroule son intrigue de manière on ne peut plus routinière. L'aspect serialesque qui donnait à la précédente réalisation d'Alfred Vohrer un charme fou est cette-fois beaucoup moins prononcé, et le final, dans sa volonté de mettre un terme aux agissements du super- bandit et de signifier au public qu'il s'agit de ses dernières tribulations, ruine un peu l'aura du personnage. Jusqu'à présent, on tenait un digne confrère de Fantômas, une figure mystérieuse, un roi du déguisement, inarrêtable, introuvable, très intelligent et avec toujours une longeur d'avance sur ses adversaires. Hors, les 5 dernières minutes le voient se faire avoir comme un bleu. Le spectateur assoiffé d'aventure aurait sans doute préféré le voir se sortir de cette nouvelle épreuve, s'enfuyant de justesse avant de partir vers de nouveaux méfaits. Des méfaits que nous ne connaîtrons certes jamais, mais qu'on pourra toujours prendre un plaisir de gamin à fantasmer!

Lada HEINZ

Edgar Wallace Neues

Der unheimLiche

MONCH

DER UNHEIMLICHE MONCH R.F.A. - 1965 Réalisateur: Harald Reinl Durée: 87 minutes Photographie: Ernst W. Kalinke Avec: Karin Dor, Harald Leipnitz, Siegfried Lowitz...

Un tueur en robe de bure sème la terreur aux abords d'un pensionnat. Son arme de prédilection: un fouet, Afin d'éviter d'autres meurtres, Scotland Yard arrive sur les lieux et tente de contrecarrer les funestes plans du meurtrier.

Sorti en 1965, Der unheimliche Mônch est le dernier épisode tourné en noir et blanc. L'occasion pour Harald Reinl de passer en revue les grands codes de la série développés depuis 1959 et de faire le lien, par le biais d'un générique chatoyant, avec les futures adaptations en couleur, aux styles bien différents.

C'est accompagné d'une pluie battante et d'un brouillard épais que le principal décor du film se dévoile, un ancien monastère dont les murs servent aujourd'hui de pensionnat pour jeunes filles et qui a la réputation d'être hanté par un mystérieux moine. La dirigeante des lieux ainsi que deux de ses frères pleurent le décès récent de leur père, mais manquent de défaillir en apprenant que ce dernier lègue tous ses biens à une de leur nièce, dont le père est en prison. Aaaaaahhh les histoires d'héritage et cette cupidité, cette vénalité dont les personnages sont capables de faire preuve pour de l'argent ou un morceau de terre. Pas de doute, c'est du pur Edgar Wallace! Évidemment toute l'intrigue du film va tourner autour de cette fameuse

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MONCH

nièce, qui arrive sur place pour assister aux obsèques, devenant dès lors la cible des intéressés. Le fameux moine est quant à lui le cerveau d'un trafic de femmes, qui voit dans ce pensionnat un vivier intarissable de jeunes demoiselles fraîches et pimpantes. Mais son rôle ne s'arrête pas là, puisqu'il va peu à peu se prendre d'affection pour l'héroïne, allant jusqu'à la protéger de ses oncles. Une figure du mal qu'on finit par avoir du mal à détester et qui constitue de ce fait un des meilleurs "méchants" de la série, un des plus intéressants en tout cas, car disposant de plusieurs facettes. Voir ce

criminel aux méthodes expéditives (il brise la nuque de ses victimes à l'aide d'un fouet) se découvrir une âme de justicier au grand coeur le temps d'une passion à sens unique, il y a quelque chose de tragique là- dedans qui rend le personnage attachant. Der unheimliche Mônch propose en outre une galerie de personnages loufoques ou carrément inquiétants. On retiendra surtout un professeur de français monolithique et un excentrique habitant les combles de la demeure, qui semble n'avoir que deux passions dans la vie: les pigeons et les masques mortuaires! Siegfried Lowitz, llse Steppat ou encore Dieter Eppler forment le pilier de ce véritable casting de “tronches”, mais c'est bien Harald Leipnitz qui sera chargé de tirer toute cette affaire au clair, dans la peau de l'inspecteur Bratt. Ce film marque aussi les débuts au cinéma de la ravissante Uschi Glas, qui va rapidement faire son nid au sein de l'équipe. La cerise sur le gâteau, enfin, prend la forme de la merveilleuse Karin Dor, qui livre comme son réalisateur de mari sa dernière contribution à la série et participe activement à la franche réussite de l'oeuvre. Pouvant compter sur un scénario limpide et agréable à suivre, Harald Reinl livre au final un suspense

efficace, balade ses personnages dans des décors riches et évocateurs (le pensionnat déjà, mais préparez-vous aussi à visiter des morceaux de forêt semblant sortir d'un film de la Hammer ou encore les entrailles d'un vieux moulin) et s'appuie sur la musique endiablée de Peter Thomas, fidèle compositeur de la série, pour livrer un krimi avec un grand K.

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Der unheimliche

DER BUCKIIGE VON COHO

L'histoire:

DER BUCKLIGE VON SOHO (Le bossu de Londres)

R.F.A. - 1966 Réalisateur: Alfred Vohrer Durée: 89 minutes Photographie: Karl Lôb Avec: Günther Stoll, Pinkas Braun, Monika Peitsch.…

Non loin d'un night-club peu fréquentable, une jeune femme est étranglée par un étrange bossu, Sir John, le chef de Scotland Yard, pense pouvoir faire le lien entre cette affaire et les récents meurtres ayant eu lieu dans le château de Castlewood,

Soho, quartier des plaisirs et de tous les excès. Quartier des bars, des cabarets coquins, des prostituées, des salles de jeux. Artère secrète de Londres à l'atmosphère étouffante, la fumée se mêle aux effluves d'alcools. Soho, quel meilleur endroit pour y dérouler une intrigue à la Wallace? Certaines réalisations antérieures avaient déjà pour cadre ce quartier sulfureux, mais c'est la première fois que le titre même du métrage met en avant cet aspect du récit. Ne cherchez pas par contre le roman dont il s'inspire, car il n'existe pas. Vohrer et son crew ont en fait pioché des éléments de différents bouquins pour façonner leur scénario. Un autre détail important vient aussi donner à ce film une saveur particulière et annonce un véritable tournant: voici le premier krimi de la Rialto entièrement tourné en couleur.

Nous atterrissons dès l'intro dans une ruelle sombre, crasseuse, dont la seule source de lumière provient d'une vieille enseigne néon. Au milieu de cet univers peu accueillant apparaît pourtant une créature de rêve, traversant le cadre à

toute allure avant de terminer sa course à proximité d'une cabine téléphonique. La jeune femme semble fuir quelqu'un ou quelque chose, mais le temps de composer le numéro d'un éventuel sauveur lui manque, le fameux bossu du titre a déjà posé ses mains sur le cou de la belle, prêt à serrer et serrer encore. Ÿ a pas à dire, Alfred Vohrer sait donner le ton! Le décor est posé, l'ambiance est là, il ne reste plus qu'à raconter une histoire. Certes le

schéma du Bossu de Londres est très classique, mais son intrigue parfois à la limite du Women in Prison sait déjouer les pièges d'une quelconque routine. L'action prend en partie place dans une maison pour délinquantes dont les pensionnaires

sont réduites en esclavage, le tout sous la surveillance d'une matronne sans pitié. Mais le film ne se limite pas à ce simple postulat et accumule les sous-intrigues. Hormis le fameux bossu, serviteur charger d'éliminer les indésirables, il faut aussi compter sur une héritière kidnappée et un aristocrate hanté par la guerre d'Indochine. Oui ça fait beaucoup, mais le réalisateur s'en sort bien et réussit à réunir judicieusement tous ces éléments dans un final cohérent. Vohrer se la joue même espiègle en casant ici et des petits détails assez cocasses, comme cette scène le bossu étrangle une de ses victimes près d'un bateau baptisé "Ladykillers". Ce krimi est aussi l'occasion de découvrir un nouveau visage, celui de Gunther Stoll, qui incarne l'inspecteur Hopkins. Un représentant de la loi malheureusement trop effacé, qui n'a jamais de réelles interactions avec les autres personnages. L'acteur dispose pourtant d'un certain charisme et d'un flegme assez british, mais il lui sera très difficile avec un rôle à peine effleuré de nous faire oublier Joachim Fuchsberger ou Heinz Drache. C'est vrai quoi, eux n'hésitaient pas à vanner (de manière souvent navrante, certes), frimer comme c'est pas possible et draguer toutes les petites pépées qui passent. Des héros blancs comme neiges, mais qui savaient sortir des rails de temps en temps. Non, comme souvent ce sont les méchants qui vont se révéler vraiment intéressants. Si Pinkas Braun, exemplaire lorsqu'il s'agit de jouer les salauds finis est égal à lui-même, plus surprenante pour nous sera la présence du côté obscur de la force du trublion Eddi Arent. Délaissant ses habituels personnages d'idiots attachants ou de rigolos de service, l'acteur prouve qu'il peut aussi faire le mal et le faire bien. Derrière son habit religieux (il incarne un

révérend) et ses lunettes noires, le bonhomme s'adonne à une toute autre vocation puisqu'il dirige en réalité une salle de jeux aux hôtesses très conciliantes.

Le bossu de Londres enfin, c'est aussi un casting féminin à se damner, qui donne au film une touche de sensualité bienvenue. Monika Peitsch, Uta Levka, Suzanne Roquette ou encore Ilse Pagé, pour ne citer qu'elles, sont les étoiles filantes de cet épisode fort plaisant.

Der Bulle

vor Soho

. De Bucklige

von Soho

THE TRYGON FACTOR (Le signe du Trigorne) R.F.A. / Royaume-Uni - 1966 Réalisateur: Cyril Frankel

Durée: 88 minutes Photographie: Harry Waxman Avec: Stewart Granger, Susan Hampshire, Robert Morley..

Après le décès d'un de ses collègues, un inspecteur de Scotland Yard reprend l'enquête de ce dernier. Cela le conduit rapidement devant les portes d'un couvent aux pensionnaires louches. Ces religieuses semblent en fait être des braqueuses hors pair.

The Trygon Factor est peut-être le film le plus atypique de la série. Le générique nous annonce d'ailleurs clairement "Frei nach Edgar Wallace", soit “librement adapté de".

On suit dans cette nouvelle aventure les agissements d'un groupe de fausses nonnes qui fomentent dans leur petit couvent des braquages de grande envergure. Ces cambrioleuses sont très bien équipées puisqu'elles disposent d'outils high-tech à faire rougir de jalousie James Bond lui- même. Leur canon hyper-futuriste n'aurait à ce titre pas dénoté dans Opération Tonnerre, sorti un an plus tôt et il n'est même pas impossible que les aventures de l'agent secret aient été une des influences de Cyril Frankel pour son film. On sent bien ce même goût pour les gadgets hauts en couleur. Mais Das Geheimnis der weissen Nonne ne s'inspire pas que de cette franchise, il emprunte à différents genres et univers des éléments divers et variés, qui pourraient à première vue paraître incompatibles. Le résultat a tout d'un ovni, dans lequel on croise pêle-mêle un

braqueur en armure métallique jaune fluo ou un tueur masqué et ganté digne d'un giallo, qui supprime quiconque s'intéresse de trop près au repaire des gangsters. Et puis que dire de cette nonne en porte- jarretelles? Et de cette autre qui fait du hors-bord? Et de ce pauvre homme, mort noyé dans un bénitier? Oui, c'est un joyeux bordel, un festival de séquences toutes plus dingues les unes que les autres, qui tranche net avec la relative sobriété des épisodes précédents. Le long-métrage de Cyril

Frankel est un improbable melting-pot de références qui oscille constamment entre premier degré et loufoquerie totale. Les

amateurs des premières adaptations risquent forcément de tiquer, d'autant que la mise en scène trop académique du réalisateur n'est pas toujours à la hauteur du délire ambient. Visuellement cependant, il serait dommage de faire la fine bouche, car la photo d'Harry Waxman sublime chaque décor et fait du film une friandise à déguster avant tout avec les yeux. Ce qu'on perd en atmosphère sombre on le gagne finalement en teintes extravagantes préfigurant les années 70. Si on accepte une interprétation différente et un peu folle d'Edgar Wallace, on trouvera le film au mieux diablement fun, au pire totalement hors-sujet.

Coproduction anglo-allemande oblige, The Trygon Factor est aussi l'occasion de découvrir plusieurs nouveaux visages, pour la plupart anglais. En première ligne c'est Stewart Granger, star vieillissante d'Hollywood, qui endosse le rôle du détective chargé de l'enquête. Nous avons aussi le plaisir de retrouver Sophie Hardy, découverte dans Der Hexer. Toujours aussi pétillante, la belle devra toutefois se contenter d'un personnage fort peu consistant, qui passe le plus clair de son temps à minauder. Eddi Arent, enfin, est bien mieux loti puisqu'il a droit au rôle du leader des braqueuses. Un rôle à contre- emploi qui nous prouve une fois encore que l'acteur, qui aura quand même passé une grande partie de sa vie à jouer les trublions de service, valait mieux que l'humour au rabais dont il devait trop souvent se faire le porte-étendard.

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L'histoire:

DIE BLAUE HAND (La main de l'épouvante)

R.F.A, - 1967 Réalisateur: Alfred Vohrer Durée: 87 minutes

Photographie: Ernst W. Kalinke Avec: Harald Leipnitz, Klaus Kinski,

Carl Lange...

Un riche héritier est condamné et interné pour un meurtre qu'il assure ne pas avoir commis. Alors qu'il parvient à s'évader, au même moment dans le manoir familial, un assassin muni d'un gant aux griffes acérées sème la mort.

Avec Die blaue Hand, Alfred Vohrer va non seulement accoucher d'un nouveau très bon krimi, mais en profitera également pour mettre en avant un de ses petits protégés. Le réalisateur, qui en 1967 passait tranquillement la barre des vingt films tournés en pas tout à fait 10 ans, fut en effet le premier de la série à placer Klaus Kinski en tête d'affiche. Pour l'occasion, l'acteur assure même un double rôle, se glissant dans la peau de deux frères jumeaux que tout semble opposer. La séquence d'introduction nous le prouve, puisqu'à l'issue d'un sinistre procès, l'un des frangins est condamné pour meurtre et jugé fou. Ce dernier est donc conduit vers l'hôpital psychiatrique le plus proche, mais il finit par s'évader, bien décidé à retourner au manoir familial pour prouver son innocence.

Évidemment, une partie de l'intrigue va s'appuyer sur la gémellité des deux hommes pour construire son suspense. Une fois réunis sous le même toit, difficile de dire avec certitude lequel des deux vient de passer sous nos yeux, lequel est sincère

et lequel ment. Dans ces situations privilégiant les faux-semblants, on finit par perdre pied, sans savoir si l'on peut vraiment encore se fier à quelqu'un. L'affaire se corse même encore un peu avec l'apparition d'un assassin muni d'un gant métallique aux griffes acérées, qui se met à semer la mort un peu partout. Le criminel, en jetant son dévolu sur des cibles bien précises, trahit toutefois un plan que la folie ne saurait guider. Non, le coupable opère de manière réfléchie et c'est ce que tente de prouver l'inspecteur Craig, incarné par Harald Leipnitz.

Pour nous autres spectateurs, son enquête se suit en tout cas avec beaucoup de plaisir. Lorsque le talent est ainsi au rendez-vous, il est très plaisant de se faire balader, de croiser et suspecter tour à tour une flopée de personnages ayant tous l'air de cacher un trait de leur personnalité ou un passé trouble. Pour ne rien gâcher l'humour est globalement laissé de côté et ne pointe le bout de son nez qu'à l'occasion de rares apparitions de Siegfried Schürenberg, qui reprend son rôle habituel de Sir John, big boss de Scotland Yard. Quand ce dernier n'est pas là, l'ambiance se veut sérieuse et portée par la prestation fiévreuse de Klaus Kinski, qui montre l'étendue de son talent sans pour autant en faire trop. L'acteur est en outre accompagné d'une poignée de confrère et consoeurs du même tonneau, comme Carl Lange dans la peau d'un directeur d'hôpital psychiatrique aux méthodes douteuses ou Albert Bessler en majordome passant son temps à épier ses employeurs. Diana Kôrner de son côté prête ses traits à une des rares personnes qui semblent n'avoir rien à cacher, ce qui n'empêchera pas la malheureuse de finir emprisonnée avec des rats et des serpents affamés. Comme quoi, qu'importe le style ou l'ambiance, le réalisateur ou l'époque, le poste d'héroïne de krimi est toujours aussi dangereux!

HARALD LEIPNITZ KLAUS KINSKI DIANA KORNER

VERTAHYYTAVA KAUHUKOKEMUS TOSI TRILLERI,JOKA SALPAA TEILTA HENGEN!

EASTMANCOLOR

RIALTO FILM <>

EN SKRACKTHRILLER EN UPPLEVELSE SOM FAR BLODET ATT ISAS!

L'histoire:

DER MÔNCH MIT DER PEITSCHE

R.F.A, - 1967 Réalisateur: Alfred Vohrer

Durée: 88 minutes Photographie: Karl Lob Avec: Joachim Fuchsberger, Uschi Glas,

Grit Boettcher.…..

Après avoir conçu un gaz mortel, un scientifique est assassiné par un étrange tueur habillé d'une robe de bure rouge. Non loin de là, dans un pensionnat pour jeunes filles, plusieurs élèves sont retrouvées mortes étranglées, Scotland Yard enquête.

C'est évident à la vision du film, Der Mônch mit der Peitsche partage beaucoup de points communs avec Der unheimliche Mônch. En fait, tous deux s'inspirent plus ou moins librement du même roman (The Terror), mais comme le terme "adaptation" est souvent à prendre avec des pincettes pour les films en couleurs, l'histoire n'est pas exactement la même. On retrouve le fameux tueur au fouet et une intrigue qui se déroule en partie dans un pensionnat pour jeunes filles, mais Der Mônch mit der Peitsche se distingue très vite du film d'Harald Reinl par un style beaucoup plus psychédélique. Les années 70 approchent, les modes changent, le public aussi et la Rialto tente de s'adapter, cet épisode en est un parfait exemple!

Comme toujours, les choses vont mal à Londres. Un savant cupide a inventé un gaz mortel qu'il compte revendre au plus offrant. Manque de chance, son acheteur est encore plus diabolique que lui et le fait assassiner sitôt le fameux produit récupéré. Ce poison va lui servir à éliminer une à une les filles d'un pensionnat. Pourquoi? Qui

sont-ils? des questions qui s'entrechoquent dans le crâne du spectateur, comme dans celui de Joachim Fuchsberger, reprenant pour l'occasion son rôle de l'inspecteur Higgins, déjà vu dans Der Hexer et bientôt dans /m Banne des Unheimlichen. Mâchant inlassablement son chewing-gum, comme si cela l'aidait à raisonner, Higgins est typique de ces héros un peu fades s'ils ne sont pas accompagnés d'un acolyte haut en couleur. Ici c'est carrément le patron de Scotland Yard, Sir John, qui donne de sa personne. Interprêté par un Siegfried Schürenberg en grande forme, Sir John est lui aussi un personnage récurrent, visible dans douze films de la série mais qui n'avait

Edgar Wallace Krimi

jusque-là droit qu'à de petits temps de présence. Le résultat donne un duo plutôt loufoque, avec un Higgins constamment blasé devant l'incompétence de son chef, plus à l'aise en plaisante compagnie que lorsqu'il s'agit de trouver un coupable. Et même s'il faut supporter les notes d'humour qui en ressortent et qui comme souvent dans les krimis ne font pas dans la subtilité, les deux compères assurent le spectacle. Histoire que la pilule passe mieux à ce niveau, on peut toujours se concentrer sur la beauté plastique du film, qui profite de la très belle photo de Karl Lôb pour immortaliser des lieux diablement envoûtants. Imaginez cette séquence, une jeune femme habillée d'un ensemble jaune flashy tombe nez à nez avec un moine rouge aux abords d'une forêt envahie par la brume, c'est aussi surréaliste que jubilatoire! Le QG du coupable, le pensionnat peu accueillant pour ne pas dire sinistre, une piscine se donnent rendez- vous quelques charmantes créatures, voici autant d'autres décors visuellement somptueux qui sont en plus traversés d'un léger souffle fantastique vraiment très agréable. Les intrigues au départ si tortueuses se simplifient considérablement depuis quelques films, ce qui ne nous empêchera pas de savourer ces histoires l'ésprit léger. Certains grands thèmes Wallaciens sont bien là, avec des héritages convoités, des maîtres chanteurs déglingués et toujours ce fétichisme de l'habit religieux, mais l'intrigue ne part plus dans tous les sens, comme c'était le cas dans les premiers films. Certes, ce côté alambiqué pouvait aussi faire une partie du charme de la série, mais il serait dommage de bouder le plaisir qu'on peut éprouver devant les péripéties du moine rouge au fouet, Alfred Vohrer emballant une fois encore un krimi prenant et bourré de bons

moments. Petite curiosité pour terminer, le film est censé se dérouler en Angleterre, ce qui n'empêche pas les voitures de rouler...à droite!

Joachim Fuchsberger:

Le chevalier blanc

L'inspecteur futé ou le détective malin, c'était lui. Le héros au grand coeur, l'enquêteur propre sur lui, le tombeur de ces dames, celui qui combattait avec panache criminels masqués, truands balafrés et maîtres-chanteurs gominés, c'était encore lui. Celui qu'on aimait détester parce qu'il emballait les jolies héroïnes avec un simple regard, c'était aussi lui. Certes, d'autres peuvent également prétendre au titre d'acteur phare de la série, Heinz Drache en tête, mais Joachim Fuchsberger garde dans le coeur de tous, équipe comme spectateurs de la première heure, une place particulière. Il a créé un style, l'homme de loi toujours bien mis, dragueur, sarcastique et jamais avare en bourres-pif lorsque la situation l'exige. Un personnage qui n'est pas sans rappeler le Sean Connery des premiers James Bond. À ce titre, Joachim Fuchsberger aurait justement pu incarner l'agent 007 avant même que le Dr No de Terence Young ne se fasse, Horst Wendlandt ayant eu l'opportunité au début des années 60 de mettre sur pied une adaptation de l'oeuvre de lan Fleming! L'acteur, craignant une entreprise trop coûteuse et risquée, déclina l'offre et convainquit le producteur de renoncer au projet. Un conseil qu'il regrettera amèrement par la suite, évidemment!

Mais commençons par le commencement, Joachim Fuchsberger voit le jour le 11 Mars 1927 à Stuttgart. Parachutiste durant la Seconde Guerre mondiale puis ouvrier à la mine, le jeune homme bascule finalement dans le monde du cinéma en dénichant un job de monteur. C'est en 1954, à l'âge de 27 ans, qu'il participe à son premier film en tant qu'acteur, un petit rôle dans une comédie intitulée Geh mach dein Fensterl auf (ce qu'on pourrait traduire par "vas-y, ouvre ta fenêtre"), qui n'a jamais connu les joies d'une sortie vidéo et demeure aujourd'hui quasiment invisible. Joachim enchaîne ainsi plusieurs films légers, mélangeant romance et comédie, parfois musicale, mais il endosse aussi l'uniforme militaire dans quelques films de guerre. Notamment la trilogie des 08/15 (prononcé zéro huit quinze), qui doit son nom à la

mitrailleuse légère la plus communément utilisée par les allemands en 39-45, la MG 08/15. Il y côtoiera le grand Mario Adorf, personnalité bien connue des amateurs de cinéma de genre italien, qui y faisait également ses débuts. Et comme si les jeunes talents de l'époque s'étaient donnés rendez-vous, Joachim croise dans Mon premier amour d'Harald Braun une autre future grande, la belle Romy Schneider, qui sera consacrée star cette même année 1955 avec le premier volet des Sissi.

Que dire enfin de Karin Dor, qu'il croisera si souvent. Réunis pour la première fois dans Kleiner Mann - ganz grof (1957) de Hans Grimm, les deux acteurs ne vont cesser de se retrouver au fil de leur carrière. De cette filmographie commune on retiendra L'araignée blanche défie Scotland Yard (1963), un krimi surfant sur le succès des films de la Rialto et qui réunit d'autres noms familiers, comme Harald Reinl à la réalisation ou Peter Thomas à la musique. Le masque de Fu-Manchu par Don Sharp reste également une friandise à découvrir et le spectateur bon public risque même de prendre du plaisir devant Le dernier des Mohicans de Harald Reinl (il est vraiment partout!), adaptation très libre du roman éponyme de James Fenimore Cooper. Les deux partenaires y affrontent des indiens au look pour le moins carnavalesque!

Ces films sont généralement de jolis petit succès en Allemagne, preuve que Joachim Fuchsberger fait des choix qui plaisent aux spectateurs de l'époque, mais c'est véritablement en participant au premier krimi de la Rialto que sa popularité explose. L'acteur n'incarne pas le héros aux yeux du public, il EST le héros. Revenant régulièrement jouer les chevaliers blancs dans les productions d'Horst Wendlandt

(en participant à 13 des 32 films de la série), il devient rapidement une figure incontournable du genre. Une fois cette vague folle passée, l'homme tourne moins, ses années 70 à lui ne sont ponctuées que de quelques projets mineurs et le film Gefundenes Fressen de Michael Verhoeven (fils du génial Paul) en 1977 lui offre son dernier petit rôle au cinéma avant un long moment (je ne compte pas son insignifiant caméo dans le film d'horreur Der Fan en 1982, il apparait brièvement). Tout comme Karin Dor, l'acteur se tourne vers la télévision et en profitera pour passer derrière la caméra, le temps d'une série documentaire ayant pour sujet central l'Australie, un pays qu'il connait bien puisqu'il en fit son deuxième chez lui durant près de 25 ans. Il faudra en fait attendre 30 ans avant de le revoir sur grand écran, dans un rigolo et avant tout respectueux hommage aux krimis d'antan intitulé Neues vom Wixxer, sorti en 2007 en Allemagne. Une bonne preuve, s'il en fallait, que son public ne l'a pas oublié.

L'histoire:

DER HUND VON BLACKWOOD CASTLE (Le château des chiens hurlants) R.F.A. - 1968 Réalisateur: Alfred Vohrer

Durée: 92 minutes Photographie: Karl Lôb Avec: Heinz Drache, Karin Baal,

Horst Tappert...

Jane hérite du château de Blackwood après la mort de son père. Curieusement, plusieurs personnages semblent intéressés par les lieux, maïs ils trépassent les uns après les autres, tombant sous les crocs acérés de féroces chiens.

N'adaptant aucun récit d'Edgar Wallace en particulier, Der Hund Von Blackwood Castle semble plutôt se raccrocher au roman Le Chien des Baskerville d'Arthur Conan Doyle. Avec un molosse qui rôde autour d'une grande bâtisse et s'attaque aux curieux dans un paysage inhospitalier, la nouvelle réalisation d'Alfred Vohrer ne laisse pas vraiment d'ambiguïté quant à sa source d'inspiration première. Mais alors en quoi est-ce un krimi? S'éloignant de plus en plus du style sombre et flegmatique des premières adaptations, Le château des chiens hurlants se contente, comme une grande partie des krimis couleur, de reprendre l'un ou l'autre des thèmes Wallaciens et brode autour un univers multiréférentiel, épousant plutôt les atours d'un cinéma bis européen extravagant et coloré. C'est donc sur fond d'héritage et de secrets familiaux prêts à revenir à la surface que nous faisons la connaissance de la jolie Jane, revenue au château de Blackwood pour prendre connaissance du testament de son paternel décédé, le capitaine Wilson. La belle hérite de la demeure, laissée en piteux état depuis de

nombreuses années et constate avec étonnement que plusieurs personnes semblent prêtes à lui racheter en y mettant le prix. Elle sent aussi que sa présence dérange, mais notre héroïne dispose d'un caractère bien trempé et ne compte pas se laisser faire.

C'est Karin Baal qui prête ses traits à la jeune femme, et si ce personnage principal reste finalement assez en retrait, la charmante actrice semble vraiment

prendre du plaisir à déambuler dans cette histoire à l'esprit bd. Heinz Drache répond aussi présent et il faut reconnaître que ce

dernier est très bon lorsqu'il s'agit d'incarner des personnages impossibles à cerner. Pour leur tenir compagnie, Horst Tappert fait quant à lui sa première apparition dans la série. Plus connu de nos jours pour son rôle dans Derrick, la série préférée des insomniaques, Tappert campe ici un truand et ça lui va bien. Dommage que la télévision l'ait par la suite enfermé dans une case, car mine de rien l'acteur portait sa haute stature avec une certaine classe. Enfin, sachez qu'une des principales attractions du film réside dans la présence du fameux chef de Scotland Yard Sir John (incarné par Siegfried Schürenberg) et de sa secrétaire Miss Finley (llse Pagé), qui décident sur un coup de tête d'aller enquêter eux-même sur l'affaire. En résulte un duo pas très académique, mais qui assure le show.

Porté par ce casting quatre étoiles, Der Hund Von Blackwood Castle reste aujourd'hui encore un amour de série b. On aurait pu craindre une mauvaise variation du Chien des Baskerville de Terence Fisher, mais l'excentricité allemande qui imprègne chaque scène lui confère un vrai cachet. Chaque décor, chaque nouveau lieu découvert est un pur régal pour les yeux, des nombreuses pièces du château plus ou moins secrètes à la petite auberge typée en passant par des extérieurs inévitablement prit d'assaut par le brouillard. Et puis les costumes (la première apparition de Karin Baal dans son ensemble ancré dans les sixties ou son petit pyjama rose, le gardien du château et sa dégaine de pirate...) ou les rebondissements, aussi invraisemblables soient-ils, tout, absolument tout file la patate. En revanche il faut voir ces krimis couleur avec un minimum de candeur pour vraiment les apprécier, sous peine de les trouver fatalement moins maîtrisés que

certains grands films en noir et blanc des débuts.

IM BANNE DES UNHEIMLICHEN

R.F.A, - 1968 Réalisateur: Alfred Vohrer Durée: 90 minutes

Photographie: Karl Lôb Avec: Joachim Fuchsberger, Siw Mattson, Wolfgang Kieling.…

À l'enterrement de Sir Oliver Ramsey, mort dans un accident d'avion, un rire

tonitruant se fait entendre et semble provenir du cercueil, Peu après, l'avocat

de Ia famille est assassiné. Cecil Ramsey est alors persuadé que son frère est revenu d'entre les morts pour le tuer.

S'il n'est pas un grand krimi d'Alfred Vohrer, Im Banne des Unheimlichen reste son plus fou. Ses dernières adaptations avaient déjà subi une nette métamorphose, mais on tient ici le fer de lance de ces épisodes qui ne s'inspirèrent que de très loin des romans de l'écrivain anglais. Au revoir paysages embrumés et couloirs obscurs, la mode est à présent aux couleurs pop. Histoire de ne pas se couper des jeunes et de se plier aux tendances de l'époque, certains thèmes inédits viennent même se greffer au récit, faisant souffler un esprit baba cool sur certaines scènes. Le film commence pourtant par les quelques notes d'un orgue, l'introduction mettant en scène l'enterrement d'un aristocrate, mort dans un accident d'avion. La cérémonie se déroule de manière très austère, tout le monde affiche une mine attristée et le prêtre fait son office avec la sobriété qu'impose son rôle. Mais comme rien ne se passe jamais comme prévu dans un krimi, un rire fracassant se fait subitement entendre et raisonne dans toute la chapelle. Plus étrange encore, ce rire provient du cercueill Sir Oliver serait-il

revenu d'entre les morts?

Cette mise en bouche n'est pas sans rappeler Die Bande des Schreckens, qui laissait déjà en son temps planer un doute sur l'existence d'un possible revenant. Le grand criminel de cet épisode en couleur est tout de même bien différent et dispose d'un charisme et d'un temps de présence beaucoup plus important. Ilconique en

diable, le "zombie" épouse les traits d'un squelette massif, habillé d'un ensemble aussi noir que la nuit et assassine ses victimes à l'aide d'une bague empoisonnée.

Mises à mort théâtrales, couleurs flashy, tueur à la dégaine incroyable, quel que soit le bout par lequel on prend le film, on ne sait jamais s'il faut le prendre à la rigolade ou au sérieux. || y a un contraste tellement énorme entre le déroulement relativement classique des événements et l'imagerie complètement folle, que le délire pourra paraître très voire trop personnel. Cependant, comme un énorme cadeau emballé dans du papier multicolore et déposé sous le sapin, on éprouve finalement un plaisir presque enfantin à suivre ces nouvelles aventures. Joli paradoxe pour un krimi qui met quand même en scène un criminel n'ayant, niveau cruauté, rien à envier à un personnage comme Satanik. Bref, Im Banne des Unheimlichen est une belle et détonante curiosité, qui n'évite toutefois pas quelques fautes de goût. Certains décors, surchargés de détails, d'accessoires et de teintes improbables, brillent notamment par leur ringardise.

Chargé de mettre un terme aux crimes du fameux cadavre rieur, Joachim Fuchsberger retrouve pour la troisième et dernière fois personnage d'inspecteur

son Higgins.

L'acteur aux cheveux de plus en plus grisonnants donne la réplique à une petite nouvelle, Siw Mattson, qui incarne une journaliste prête à tout pour décrocher un scoop, quitte à mettre sa vie en danger. Pour ne rien gâcher, on croisera également les visages de Pinkas Braun, Ilse Pagé et même Ewa Strômberg, une future habituée de Jess Franco. Ce dernier fera notamment tourner la jeune femme dans sa propre adaptation d'Edgar Wallace, le sympatoche Der Teufel kam aus Akasava.

D Jr Dame des | ‘Unheimlichen

ROAMO FILM

ALFRED VOHRER RIRLTO FILM - PREBEN PHILIPSEN

Der orilla

Von SO0h0

L'histoire:

DER GORILLA VON SOHO

R.F.A, - 1968 Réalisateur: Alfred Vohrer Durée: 96 minutes

Photographie: Karl Lôb Avec: Horst Tappert, Uschi Glas,

Uwe Friedrichsen..

Scotland Yard est sur les traces d'une organisation criminelle qui élimine de riches hommes d'affaires pour leur assurance vie, Chargé des basses besognes, un gorille sème la terreur dans les rues londoniennes.

Derrière un titre exotique au possible, promettant un programme des plus réjouissant, Der gorilla von Soho cache en fait une relecture plus ou moins libre des Mystères de Londres, Alfred Vohrer revisitant pour l'occasion son propre film, sept ans après sa sortie. Dans les grandes lignes c'est la même histoire: des hommes au compte en banque plein à craquer sont retrouvés flottant sans vie dans la Tamise, et ce qui pouvait au départ ressembler à une vague de suicides (mais à condition d'être très très naïf hein!) se révèle vite être une série de meurtres. Jusqu'ici, on pourrait se croire en terrain connu. Dans la forme en revanche, tout comme dans le ton et l'ambiance, les deux projets partent dans des directions totalement opposées! Troquant l'atmosphère inquiétante du film de 1961 contre une forme bien plus légère, le réalisateur tente le coup du clin d'oeil rigolard, de la parenthèse récréative. Pas son idée la plus géniale, il faut bien l'admettre, car au-delà de quelques détails qui pourront faire sourire (des personnages aux noms évocateurs, dont un Dr. Jeckyll!), certains choix laissent perplexe. Ady Berber

par exemple, cruel sbire aux apparitions glaçantes dans Les Mystères de Londres se voit ici remplacé par un tueur se trimballant en costume de gorille. Notre ami se balade ainsi dans les quartiers de la capitale anglaise, mettant à l'épreuve la notion même de discrétion. Agir dans l'ombre, connait pas! Face à cette menace poilue, Horst Tappert campe l'inspecteur Perkins, personnage qu'on retrouvera d'ailleurs dans le krimi suivant. Différents éléments de l'enquête conduisent notre homme aux portes d'une étrange association, nommée "Love and Peace for People", qui recueille des jeunes femmes dans le besoin. Une organisation qui

curieusement se voit léguer par testament la fortune de toutes les victimes. Je ne suis pas Sherlock Holmes, mais c'est louche ça!

L'intrigue se laisse ainsi suivre sans déplaisir, mais le film reste une grosse déception. Faire un remake à peine caché d'un des meilleurs volets de la série, c'est audacieux si le réalisateur parvient à digérer ses références et à prendre appui sur son modèle pour apporter quelque chose de nouveau, ici c'est juste suicidaire car il n'a rien de plus à raconter, à montrer. De même, trop miser sur l'humour comme c'est le cas ici, ça ne fait généralement pas bon ménage dans un krimi, surtout quand c'est au détriment du reste. Tout au plus retiendrons nous des décors baignant dans des lumières quasi-surréalistes, préfigurant les expérimentations visuelles de certains gialli à venir, ainsi qu'un érotisme gentillet, présent en filigrane jusqu'à présent, qui fait peu à peu son nid dans la série.

S'ils ne tombent pas la chemise, le bisseux Herbert Fux la filmographie sacrément riche, virevoltant de Jess Franco à Sergio Corbucci en passant par Lucio Fulci, pour ne citer qu'eux), la belle et téméraire Uschi Glas ou encore Uwe Friedrichsen dans un rôle de sergent un peu à côté de la plaque accompagnent Tappert en haut de l'affiche. Le spectateur attentif aura même le plaisir d'apercevoir la jeune Ingrid Steeger, future star du cinoche érotique suisse-allemand, qui apparait furtivement en serveuse de cabaret. Un de ses tout premiers rôles, déjà très déshabillé, mais qui s'en plaindra? Certainement pas ce bon vieux Gorille.

Ein echter Edgar Wallace

Ene echter Edgar Wallace

UE

Ein echter Edgar Wallace

L'histoire:

DER MANN MIT DEM GLASAUGE

R.F.A, - 1969 Réalisateur: Alfred Vohrer Durée: 87 minutes

Photographie: Karl Lôb Avec: Horst Tappert, Karin Hübner, Hubert von Meyerinck...

L'inspecteur Perkins, en enquétant sur la mort de plusieurs filles, se retrouve confronté à des trafiquants de drogue et de jeunes femmes. Ses investigations l'emméènent notamment dans un club de billard aux habitudes louches et dans un cabaret,

Der Mann mit dem Glasauge est le dernier krimi d'Alfred Vohrer pour la Rialto. Pour l'occasion, le réalisateur s'attache comme à son habitude à proposer un univers visuellement travaillé, mais développe en contrepartie une intrigue très classique. Il n'y a en effet rien de bien nouveau dans cette enquête, si ce n'est un nombre conséquent de criminels, qui se tirent même la bourre entre eux. D'un côté, un gang multifonctions compte bien travailler plus pour gagner plus et cumule de ce fait trafic de drogue et traite des blanches, enlevant de belles jeunes femmes avant de les envoyer en Amérique du Sud. De l'autre, un assassin semble avoir pris ces derniers en grippe et compte bien les éliminer un par un. Cette confrontation, vendetta sanglante nous rappelant par moments la violence des premiers épisodes, offre aux spectateurs un quota plutôt réjouissant de meurtres et de rebondissements en tous genres.

Alors certes, Vohrer s'appuie sur des poncifs usés jusqu'à la corde, mais il arrive à leur redonner une seconde jeunesse en

les incluant dans un univers peu exploité jusqu'à présent. L'action se situant en partie dans un cabaret, l'histoire est imprégnée de cette ambiance particulière, qui mêle explosions de couleurs criardes et numéros dont on ne sait jamais s'il faut les trouver magiques ou au contraire inquiétants. C'est vrai, l'imagerie du cirque a toujours été un poil effrayante, certains films s'emparant par exemple de la figure du clown pour en faire un personnage de cauchemar. Dans une moindre mesure, on croise ici un lanceur de couteaux caractériel et un ventriloque accompagné d'une poupée difforme, rien qui ne donne

vraiment envie d'assister au prochain spectacle. Par contre, plus intéressante sera

la troupe de danseuses du show, qui compte dans ses rangs quelques jolies plantes à même d'intéresser les trafiquants de chair fraîche.

Chargé de l'enquête, Horst Tappert reprend son rôle d'inspecteur Perkins, déjà en action dans le krimi précédent. Si l'acteur livre une prestation des plus convaincante, en offrant au héros son charisme naturel et un style tout en décontraction, il faudra en revanche être très indulgent pour supporter la présence indigeste de Sir Arthur, le nouveau patron de Scotland Yard. Tout comme son prédécesseur, ce dernier est incompétent, gauche, plus porté sur les femmes que sur son travail, mais son côté pervers pépère est ici multiplié par dix et ses jérémiades incessantes plombent rapidement les scènes auxquelles il participe. Hubert von Meyerinck, qui incarne le loustic, était déjà apparu dans Der Gorilla Von Soho, ce qui ne nous fera regretter qu'une chose, que le gorille n'en ait pas profité pour ajuster son poing sur le crâne chauve de cet insupportable sidekick! Non, histoire de terminer sur une note positive et de rappeler que Der Mann mit dem Glasauge est un krimi imparfait mais très divertissant, mieux vaut saluer la présence de nouveaux visages. Celui de Karin Hübner et son regard d'un bleu intense déjà, puis celui de Fritz Wepper, l'acteur qui deviendra plus tard Harry, l'éternel acolyte de l'inspecteur Derrick.

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5

L'histoire:

A DOPPIA FACCIA (Liz et Helen)

R.F,A, / Italie Réalisateur: Riccardo Freda

Durée: 88 minutes Photographie: Gabor Pogany Avec: Klaus Kinski, Christiane Krüger, Günther Stoll.…..

Helen Alexander, une riche femme d'affaires, meurt dans un accident de voiture. Son mari et unique héritier est alors aussitôt soupçonné d'homicide, Hors, peu de temps après, ce dernier croit reconnaître son épouse dans un film érotique et finit par se lancer à sa recherche, persuadé qu'elle est toujours vivante.

Sur le plan des affaires, la fin des années 60 ne réussit pas trop à la Rialto, qui décide rapidement de chercher des partenaires européens. L'Italie répond présent et coproduit en 1969 À doppia faccia, qui sera confié à Riccardo Freda, l'homme derrière plusieurs bijoux du cinéma gothique, comme Les Vampires L'effroyable secret du Dr. Hichcock. Voir un artisan de cet acabit s'attaquer à une adaptation d'Edgar Wallace avait de quoi réjouir, mais cela ne fut pas suffisant car financièrement, A doppia faccia reste un des plus gros échecs de la série.

Le film colle aux talons de John Alexander, un homme fou amoureux de son épouse Helen, mais qui supporte mal de la voir fréquenter la mystérieuse Liz, avec qui elle entretient une relation amicale ambiguë. Délaissant de plus en plus son mari, la belle et riche Helen décide finalement de partir quelques temps, seule, histoire de faire le point. Seulement son véhicule est saboté et la jeune femme périt dans un accident. L'histoire aurait pu s'arrêter là, mais Wallace oblige, héritages familiaux et

Das Gesicht im Dunkelin

machinations en tous genres s'invitent à la fête. Alexander finit par croire sa femme vivante et part à sa recherche, croisant sur sa route des personnes aux motivations troubles, qui semblent vouloir l'aider ou au contraire jouer avec lui. Sur le papier, le projet ne manque pas de promesses, il y avait de quoi faire un grand film paranoïaque, mais Freda, à force d'hésiter entre giallo et krimi, finit par ne donner aucune réelle identité au projet. Peut-on vraiment parler de giallo, lorsque les seules

morts surviennent dès les premières minutes, qui plus est dans un banal accident de voiture, lorsque le sang ne coule jamais ou que le fétichisme inhérent au genre manque à l'appel? Peut-on d'un autre côté parler de krimi lorsque le scénario se limite à son seul postulat de départ et qu'une partie du suspense est tuée dans l'oeuf dès les premiers instants du film, le réalisateur ayant décidé de placer la séquence finale en introduction? Cinq personnes, dont Lucio Fulci, étaient pourtant responsables du scénario, ces derniers se basant sur le roman "The Face in the Night". Comment ont-ils pu donner naissance à une intrigue aussi prévisible et convenue? Rien, absolument rien ne vient nous secouer, pas l'ombre d'une séquence mémorable, pas un moment de bravoure n'en ressort. Bref, A doppia faccia manque d'âme, d'une atmosphère propre à marquer son homme. Voilà un constat forcément douloureux étant donnée la renommée de Freda, passé maître dans l'art de mettre en image des univers sombres et foisonnants. Reste quand même une résolution finale à base de double twist, hautement improbable si on prend un minimum de recul, mais qui sur le moment peut surprendre. Non, les points positifs il faudra les chercher du côté de la musique, avec des morceaux entêtants de Nora Orlandi, ainsi que du casting, avec une galerie d'acteurs divers et variés. Chose étonnante, plusieurs fils et filles de se retrouvent embarqués dans l'aventure. Sidney Chaplin, fils de Charles, y campe par exemple le rôle du père d'Helen. De leur côté, Annabella Incontrera et Margaret Lee incarnent réspectivement Liz et Helen. Ces deux ravissantes actrices étaient des habituées des productions de genre italiennes, on pourra notamment voir la première dans La tarentule au ventre noir

de Paolo Cavara et la seconde dans Les insatisfaites poupées érotiques du docteur Hitchcock de Fernando Di Leo.

Mais la tête d'affiche reste ici Klaus Kinski, qui pour le coup ne fut pas gâté. Lui qui avait la plupart du temps droit à de petits rôles, tout en sachant tirer son épingle du jeu avec la composition de méchants de fous, le voilà honoré du rôle principal pour finalement interpréter...un gentil. Et qu'on se le dise, Kinski dans un rôle gentil, ce n'est plus vraiment Kinski.

Re. Das Gesichi im Dunkeln

Das Gesichi im Dunkeln

dErofe AUS DER tuemsf

L'histoire:

DIE TOTE AUS DER THEMSE (La morte de la Tamise)

R.F.A. - 1971 Réalisateur: Harald Philipp

Durée: 89 minutes Photographie: Karl Lôb Avec: Uschi Glas, Hansjôrg Felmy, Werner Peters.

La belle Dany, fraichement arrivée à Londres et apprenant le décès de sa soeur; aïde l'inspecteur Craïg à retrouver les traces de l'assassin. Cette enquête va les conduire à lever le voile sur un trafic de drogue d'envergure internationale.

Avec Die Tote aus der Themse, la Rialto produit le dernier krimi pur et dur de la série. Les deux derniers volets étant en grande partie produits par l'Italie, ils reprennent plutôt les codes du giallo. Étonnement on ne retrouve aucun des réalisateurs habituels aux commandes de cet ultime représentant du genre. Pas d'Alfred Vohrer ou d'Harald Reinl à l'horizon donc, mais Harald Philipp, un petit artisan local ayant surtout oeuvré dans les années 50 et 60. Même constat concernant le casting, puisque peu de grosses vedettes sont de la partie. La délicieuse Uschi Glas est la seule réelle tête d'affiche, Siegfried Schürenberg ou Günther Stoll ayant comme souvent droit à des rôles relativement secondaires. L'actrice est en revanche accompagnée d'un nouveau visage, celui de Hansjôrg Felmy, qu'on pouvait voir quelques années plus tôt dans Le Rideau déchiré d'Alfred Hitchcock et qui interprète ici l'inspecteur Craig. Uschi de son côté prête ses traits à la jolie Danny Fergusson, une jeune femme qui à peine arrivée à Londres croule aussitôt sous les mauvaises nouvelles. Elle apprend notamment que sa

soeur Marny est impliquée dans un trafic de drogue et qu'on l'aurait retrouvé sans vie dans une chambre d'hôtel. Un photographe passant par ne s'est d'ailleurs pas privé de prendre un cliché de la victime, mais le corps disparait juste avant l'arrivée de Scotland Yard.

Sordide, ce nouveau mystère est en tout cas le point de départ d'une nouvelle enquête mouvementée. L'héroïne étant de son côté persuadée que sa soeur est vivante, elle décide de partir à sa

recherche. Mais on ne se frotte pas à de

telles organisations sans se heurter à d'innombrables obstacles et sans avoir à

s'aventurer dans les recoins les plus sinistres de la capitale anglaise. Loin des clichés de cartes postales, on visitera plutôt des quartiers malfamés, des hôtels aux allures de bordel et même un abattoir aux conditions d'hygiène douteuses. Bref, rien n'est épargné aux personnages. La pauvre Danny finira même enfermée dans une chambre froide, prête à mourir gelée. Quant aux autres protagonistes, ils devront prendre garde à un tueur ganté adepte du fusil de précision, qui ponctue les investigations de nombreux meurtres nets et précis. Non vraiment, Die Tote aus der Themse dispose de nombreux atouts: une vraie générosité, un rythme soutenu, une galerie d'acteurs inspirés. Dommage cependant que le film ne dévoile ses trésors qu'après une première partie un poil laborieuse. Passée une séquence d'introduction rondement menée, des dialogues inutilement bavards et une mise en scène insipide donnent au premier quart de l'oeuvre l'envergure d'un téléfilm de luxe. Heureusement, Harald Philipp est un diesel et parvient à monter en puissance progressivement. Comme quoi il n'est pas toujours bon de se fier à sa première impression, car La morte de la Tamise se révèle finalement être un krimi hautement recommandable, dans lequel on plonge avec beaucoup de plaisir.

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L'histoire:

COSA AVETE FATTO A SOLANGE? (Mais. qu'avez vous fait à Solange?)

R.F.A. / Italie - 1972 Réalisateur: Massimo Dallamano

Durée: 103 minutes Photographie: Joe D'Amato Avec: Fabio Testi, Cristina Galb6,

Karin Baal.…

À Londres, les élèves d'un collège catholique pour jeunes filles vivent sous [a menace d'un tueur. Alors que les meurtres se succèdent, un des professeurs de l'établissement devient le suspect idéal aux yeux de Scotland Yard, Pour

prouver son innocence, ce dernier décide d'enquêter de son côté.

Mais. qu'avez vous fait à Solange? étant une co-production italo-allemande, il est intéressant de comparer la façon dont le métrage a été vendu dans chacun des deux pays. Si la version teutonne vend un nouveau krimi Edgar Wallace, avec le nom de l'auteur anglais apparaissant comme de coutume en début de générique, la version italienne, elle, ne mentionne l'écrivain dans aucune étape de la promotion. Logique, puisque les italiens, eux, vendent un giallo, avant tout mis en chantier par la Rialto pour surfer sur le succès de L'oiseau au plumage de cristal de Dario Argento sorti deux ans plus tôt. Cosa avete fatto a solange, de par le genre auquel il se rattache, s'éloigne donc quelque peu des aventures krimiesques de jadis, mais qu'importe, ces deux univers semblent si liés et partagent tellement de points communs (après tout le giallo puise aussi son inspiration de la culture anglo-saxonne) que le dépaysement est minime.

C'est Massimo Dallamano, solide artisan bien connu des amateurs de pépites transalpines, qui accouche de ce 31ème et

avant dernier film de la série. Avec l'aide précieuse de deux autres grands noms, Ennio Morricone signant la musique et Joe D'Amato la photo, le réalisateur en grande forme offre au public un petit bijou de raffinement pervers et d'ambiance glaciale. Wallace oblige, l'intrigue se situe à Londres, ce qui en fait un cadre plutôt inhabituel pour un giallo. L'action prend en partie place dans les couloirs d'une école pour jeunes filles, un établissement à première vue sans histoires, jusqu'à ce qu'un tueur décide de s'attaquer aux étudiantes. Ce personnage aux motivations troubles

assassine avec un goût fort prononcé pour le macabre (Modus operandi: un couteau

planté dans l'intimité de ces dames, qui dit mieux?) et laisse comme toujours Scotland Yard sur le carreau. Joachim Fuchsberger, abonné de longue date aux rôles d'inspecteurs, enfile une fois encore l'uniforme du parfait homme de loi, mais il ne s'agit cette fois que d'un rôle secondaire. Le vrai personnage principal est interprêté par Fabio Testi, ici un des professeurs de l'établissement se sentant particulièrement concerné par l'affaire, puisque ce dernier, malgré la bague qu'il porte au doigt, s'est amouraché d'une de ses élèves. Une situation qui affecte particulièrement son épouse, sublime et touchante Karin Baal. La suite on la connait, héros et forces de l'ordre enquêtent, constituent peu à peu le puzzle, jusqu'à cette dernière petite pièce qui lèvera le voile sur le secret au centre de toute l'affaire. Il serait dommage de déflorer le fin mot de l'histoire (qui se conclut par un impressionnant flashback, proposé en noir et blanc dans la version italienne et en sépia dans l'allemande), mais saluons une oeuvre vénéneuse, peignant un univers aussi riche que bardé d'ambiguïtés. Le monde de Solange semble propre au premier abord, bien sous tous rapports. Ces jeunes filles en fleurs sur leurs petites bicyclettes, accompagnées des quelques notes douces et mélancoliques d'un Morricone inspiré. Et un peu plus loin, dans une barque bercée par la Tamise, ces deux amoureux qui se bécottent. Aaaaaahhhh, les tableaux idylliques ne manquent pas, tout semble si paisible, si calme. Et pourtant. L'univers peint par Dallamano perd vite ses couleurs chatoyantes pour prendre un aspect bien plus glauque. Derrière les apparences, c'est un monde de frustration et de décadence qui s'active en fait, généré par une société gangrenée par les tabous et les nons-dits. Certains thèmes

paraîtront aujourd'hui bien dépassés, mais ça n'enlève rien à l'efficacité du film, 40 ans après. Un pur chef-d'oeuvre!

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à Solange ?

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ABIO TESTI

KARIN BALL JOACHIM FUCHSBERGER CHRISTINE GALBO

ENNIO MORRICONE

Das Rätsel silbernen Halbmonds

L'histoire:

SETTE ORCHIDEE MACCHIATE DI ROSSO (Sept orchidées tachées de sang) R.F.A. / Italie - 1972 Réalisateur: Umberto Lenzi

Durée: 92 minutes Photographie: Angelo Lotti Avec: Antonio Sabato, Uschi Glas,

Pier Paolo Capponi.…

En Italie, un assassin élimine plusieurs jeunes femmes et signe ses méfaits en laissant sur les lieux un pendentif en argent, Une de ses cibles, la jolie Giulia, parvient néanmoins à s'en sortir et décide de traquer le tueur.

Après 31 films qui auront procuré aux spectateurs autant de scènes mémorables, d'humour euh....spécial, de héros au grand coeur, de truands iconiques et de plantureuses héroïnes, l'année 1972 sonne la fin de la série. Second détour par l'Italie pour l'occasion, avec Le Tueur à l'Orchidée du touche-à-tout Umberto Lenzi. Ce giallo commence sur les chapeaux de roues avec plusieurs meurtres n'ayant apparemment aucun liens entre eux. Les deux victimes, une prostituée et une peintre, tombent pourtant sous la lame d'un seul et même tueur, qui signe ses méfaits en laissant dans les mains de ses victimes un médaillon à la signification encore obscure. Un criminel pas toujours en réussite par contre, puisqu'il laisse s'échapper une de ses cibles, la jolie Giulia. Bien décidés, elle et son styliste de mari, à enquêter comme de vrais détectives, les deux tourtereaux vont tenter de découvrir quel lien peut exister entre elle et toutes ces jeunes femmes.

Imprimant un rythme plutôt soutenu et jouant presque la carte de la sobriété, en s'attachant tout de même à reproduire à la

lettre les codes des grands gialli de l'époque, ceux de Mario Bava en tête, Lenzi propose un film carré, loin des excès auxquels il nous habituera par la suite. Bien sûr, n'est pas le réalisateur de Six femmes pour l'assassin qui veut, mais la vision du Tueur à l'Orchidée réserve son lot de petites surprises. Déjà, le simple fait de suivre les aventures de l'actrice Uschi Glas, plus belle que jamais, dans une ville de Rome à l'atmosphère solaire, constitue une source de bonheur en soil Et ce criminel ganté, troquant le temps d'une séquence mémorable son arme blanche contre une perceuse, parviendra à combler de joie

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amateurs de bricolage et goreux de tout poil. Cette scène permet d'ailleurs au metteur en scène de se lâcher deux secondes sur les litrons de faux sang et les gros plans scabreux, et nous rappelle qu'on n'est pas pour trop se prendre la tête non plus. Car ici c'est finalement moins l'histoire que le spectacle qui prime. On a même droit à un petit flagrant délit d'hypocrisie digne du grand Lenzi, puisque celui-ci dresse le temps de quelques séquences le portrait peu flatteur d'une petite communauté hippie, partageant sa vie entre sexe et drogue. Un foireux prétexte qui lui permet avant tout de filmer quelques actrices dans le plus simple appareil.

Malgré cela, ce dernier film Edgar Wallace se suit avec plaisir. Traversé par les visages d'Uschi Glas, d'Antonio Sabato, ou encore de Marisa Mell, Le Tueur à l'Orchidée convoque des acteurs dont il est toujours agréable de revoir la trogne, capte quelques superbes décors et raconte son histoire avec suffisamment de conviction pour nous tenir en haleine jusqu'au dénouement. Voilà le fruit d'un artisan maladroit mais consciencieux, qui reprend certes la recette imposée par les grands modèles de l'époque, mais qui le fait avec un goût plutôt communicatif pour le divertissement à tout prix. Le schéma labyrinthique des grands krimis d'antan semble à présent loin, baissons donc le rideau sur les tronches inoubliables des Ady Berber, Joachim Fuchsberger, Klaus Kinski et autres Karin Dor. Les années 70 sont déjà bien entamées, le giallo est dans la place. Un phénomène tout aussi passionnant et comptant autant de formidables surprises. Pour les spectateurs et passionnés de films populaires (ce n'est pas un gros mot, rappelons-le) que nous

sommes, c'est la nouvelle promesse d'innombrables choses à découvrir. Et de se dire ça, ça fait un bien fou!

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Regie: Dr. Harald Reint

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Ein unheimlicher Verhrechertyrannisiert London! Ist Scotland Yard'am Ende seiner Kunst?

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Rédacteur: Clément Boesch Sources: [MDb, cinema.de, mymediawelt.de Les citations “” sont issues de "Das grosse Album der Edgar-Wallace-Filme", de Joachim Kramp et Gerd Naumann

"Hallo! Hier spricht Edgar Wallace”